Maintenant que Québec a abandonné l'idée d'imposer un ticket modérateur aux patients, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, veut réduire le poids des structures du réseau de la santé québécois pour économiser de l'argent, a appris La Presse. À son cabinet, on a confirmé qu'il est clair qu'une «décentralisation» s'impose.

Publié le 28 sept. 2010
Sara Champagne LA PRESSE

«L'ancien ministre Philippe Couillard a permis de réduire la taille de l'administration, en 2004, en regroupant les centres de santé et de services sociaux (CSSS) du Québec. Le travail est donc amorcé, a expliqué l'attachée de presse du ministre, Karine Rivard. On entame maintenant une révision et une réflexion, notamment sur les agences de santé. On ne veut pas les abolir, elles ont leur raison d'être, mais il y a peut-être lieu d'en alléger la structure.»

Trop de dédoublements

Au sortir d'une rencontre avec le ministre Bolduc, vendredi, où il a été abondamment question de gouvernance, Lise Denis, dirigeante de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, a expliqué à La Presse qu'il y a trop de dédoublements dans le réseau.

«Par exemple, quand un établissement instaure un nouveau programme, il doit rendre des comptes à la fois au Ministère et à l'agence de la santé. C'est la même chose pour les urgences. C'est du côté des agences qu'il faut alléger. Il faut les transformer», estime Mme Denis.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) est aussi d'avis qu'il faut réduire les structures pour mieux investir dans les soins de première ligne.

«Actuellement, dans le réseau, il y a plus de gens pour administrer que pour soigner les gens», déplore le Dr Louis Godin, président de la FMOQ, qui estime qu'il faut songer à abolir les agences de la santé. La lourdeur de ces structures est d'autant plus frustrante pour la FMOQ dans un contexte de pénurie de médecins, où les omnipraticiens réclament une meilleure rémunération afin d'attirer la relève.