Les députés, qui se contentaient jusqu'à maintenant de poser des questions ou d'émettre des idées, ont senti ce matin le besoin de rectifier les intentions du gouvernement: en aucun cas, se sont-ils défendus, l'euthanasie ou le suicide assisté ne doivent être des prétextes pour libérer des lits.

Mis à jour le 9 sept. 2010
Sara Champagne LA PRESSE

Les points de vue de quatre citoyens montréalais farouchement opoosés à l'euthanasie ou le suicide assisté ont donné le ton à la troisième journée du débat parlementaire sur la question de mourir dans la dignité.

«Il n'y a pas un ministère qui fonctionne avec la mort sur une base monétaire, a assuré la députée de Mille-Îles, Francine Charbonneau. Au ministère de la Santé, je peux vous dire que tout le personnel est triste qu'il n'y ait pas suffisamment de lits dans le réseau public de la santé, et que l'euthanasie n'est pas une solution.»

Loin d'être rassurée par les propos, Line Simard, une citoyenne, a ensuite affirmé aux députés que les coûts de la tenue de cette commission permettraient d'ouvrir dix maisons de soins palliatifs. «Je ne dis pas que cette commission est inutile, mais je ne suis pas rassurée par vos propos. Il faut se questionner sur sa pertinence, sur les motifs monétaires derrière ce débat. Parce qu'il faut bien se l'admettre, une petite piqûre ça ne coûte pas cher.»

Le député de Deux-Montagnes, Benoît Charrette, a précédemment fait remarquer à un stagiaire d'Hydro-Québec, André Dagenais, qui est contre toute forme de mort assistée, que ceux qui pensent comme lui n'offrent aucune formule de compromis. «Tandis que ceux qui sont en faveur ont une ouverture aux dialogues, aux formules d'exceptions, et à la mise en place de balises», a-t-il ajouté.

La vice-présidente de la Commission spéciale, Véronique Hivon, a pour sa part rappelé qu'en Oregon, aux États-Unis, depuis la légalisation du suicide assisté en 2007, seulement 0,2% de tous les décès sont survenus par ce moyen. En Belgique, entre 2003 et 2009, les analyses démontrent qu'entre seulement 0,2 et 0,9% de tous les décès sont attribuables à l'euthanasie. Aux Pays-Bas, où la loi permet le suicide assisté et l'euthanasie depuis 10 ans, plus ou moins 2% de tous les décès sont attribués à l'euthanasie, et 0,1% par suicide assisté.