La difficulté d'obtenir une échographie dans l'est de Montréal, mais aussi à la grandeur de la province, est un véritable «ticket modérateur», et le gouvernement ne peut continuer de tolérer une telle situation, ont dénoncé hier les partis de l'opposition et les acteurs du milieu de la santé.

Mis à jour le 24 juill. 2010
Ariane Lacoursière LA PRESSE

La Presse a révélé hier que les listes d'attente pour obtenir une échographie dans les hôpitaux de l'est de Montréal sont si longues, actuellement, que les médecins sont obligés de diriger systématiquement leurs patients vers des cabinets privés.

Inquiets de la situation, les directeurs généraux de cinq hôpitaux de l'est de Montréal ont fait parvenir une lettre au ministère de la Santé pour sonner l'alarme.

La députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, dit être bien au fait du problème: «C'est totalement inadmissible. Mais le pire, c'est que oui, la situation est criante dans l'est de Montréal, mais elle est aussi répandue à d'autres régions.»

Récemment, une adjointe de Mme Poirier, après une mammographie, s'est fait dire qu'elle devait pousser l'examen plus loin et subir une échographie. «On lui a dit: tu peux attendre quelques mois au public ou tu peux la passer cet après-midi au privé pour 150$, relate Mme Poirier. C'est inadmissible. Si tu attends des mois avant d'avoir ton échographie, ton cancer continue d'évoluer. Il faut que le ministre de la Santé prenne ça en main!»

Amir Khadir, député de Québec solidaire, n'était pas disponible, hier, pour commenter la situation. Mais son parti dit partager les inquiétudes des directeurs généraux qui ont écrit la lettre et qui mentionnent notamment que «l'échographie n'est plus un service assuré pour la population de l'est de Montréal».

Possible recours collectif

Le directeur général du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, estime pour sa part que le gouvernement s'expose à des poursuites en refusant de régler le problème d'accès aux échographies. «Il y a rupture de service, actuellement. L'État doit donner ce service. S'il ne le fait pas, il s'expose à un recours collectif», affirme M. Brunet, qui invite d'ailleurs les patients lésés par cette situation à communiquer avec lui. «Si un nombre suffisant de gens me contactent, je serai heureux de lancer un recours collectif contre le gouvernement. L'attente érigée en système, au Québec, est un ticket modérateur, et on n'a pas à accepter ça.»