Alex Harvey a réussi deux exploits en 2011: devenir champion du monde et mettre à la page un sport plus que centenaire parfois sous-estimé au Québec.

Simon Drouin LA PRESSE

«Chez nous, c'est notre grand-mère qui fait du ski de fond!», a-t-il lancé à La Presse quelques jours avant le début des Championnats du monde de ski nordique d'Oslo. Son trait d'humour n'était pas fortuit. Dans la capitale norvégienne, le ski de fond est hautement considéré. La moitié de la population le pratique et il ne faut pas se surprendre de croiser un Osloïte transportant une paire de skis en plein centre-ville. La fameuse Holmenkollen n'est qu'à quelques stations de métro.

En février, Holmenkollen était réservée aux meilleurs fondeurs de la planète. Marit Bjoergen et Petter Northug, deux héros locaux, y ont brillé comme prévu. Mais un jeune homme de 22 ans, originaire de Saint-Ferréol-les-Neiges et étudiant en droit à l'Université Laval, y a aussi laissé son empreinte. Devant 100 000 spectateurs, dont plusieurs ont passé la quinzaine à camper dans les bois le long du parcours, Alex Harvey est devenu champion du monde du relais sprint avec son ami Devon Kershaw, une première dans l'histoire de ce sport au Canada.

Il s'est aussi distingué dans les trois autres courses auxquelles il a participé, terminant entre autres cinquième du prestigieux 50 kilomètres à la fin des Mondiaux. À Oslo, personne n'a été surpris. Les Norvégiens connaissent le nom Harvey. En 1988, Pierre, père d'Alex, a gagné le 50 kilomètres d'Holmenkollen, dans le cadre du centenaire de la compétition. En décembre prochain, Alex Harvey aura la chance de s'exécuter chez lui à la Coupe du monde présentée au centre-ville de Québec. Les gens d'ici savent maintenant que le ski de fond n'est pas qu'un sport de «grand-mère».