La rame de métro partie de Longueuil, vers 8h40 hier matin, approchait de son premier arrêt, à la station de l'île Sainte-Hélène, quand elle s'est soudainement mise à ralentir, jusqu'à l'arrêt complet, en plein tunnel. Les lumières intérieures des voitures se sont éteintes. Les phares d'urgence ne se sont pas allumés.

Mis à jour le 17 oct. 2009
Bruno Bisson LA PRESSE

«Pendant un moment, a raconté une usagère qui s'y trouvait, il y avait juste la lumière du BlackBerry d'un passager pour nous éclairer. Il n'y a pas eu de message pour nous dire ce qui se passait.»

 

Puis, après une minute ou deux, l'éclairage est revenu, les moteurs ont redémarré, et la rame a poursuivi son chemin. L'incident, d'origine banale - une panne de motrices - aura duré, en tout, deux ou trois minutes. Même pas de quoi être inscrit aux données d'exploitation de la Société de transport de Montréal (STM) comme une interruption de service.

À moins de cinq minutes, on parle d'un «ralentissement». Ce nouveau «ralentissement», survenu hier sur la ligne 4 (jaune) de Longueuil, en période de pointe, s'ajoute à une série de pannes majeures qui ont affecté des dizaines de milliers d'usagers des transports en commun au cours des dernières semaines, dans l'ensemble du réseau de la STM.

Mercredi et jeudi, quatre pannes successives d'une durée variant de 11 à 41 minutes avaient touché la ligne 2 (orange), la plus sollicitée de tout le métro. Il y a 10 jours, une panne avait paralysé durant une heure plus de la moitié du réseau. Même si toutes ces pannes sont d'origine électrique, la STM soutient qu'elles ne sont pas reliées entre elles.

«Depuis une dizaine de jours, a reconnu la STM, dans un courriel adressé à La Presse, la clientèle a vécu un nombre plus important d'arrêts de service, comparativement aux derniers mois. De surcroît, ces arrêts s'étant produits aux heures de pointe, ils ont provoqué un plus grand impact sur la clientèle.»

«Les causes de tous les arrêts de service dans le métro sont analysées et déterminées en tout temps. Ces arrêts n'ont pas fait exception à la règle. Et nous pouvons confirmer que ces événements ne sont pas reliés entre eux, à l'exception des deux pannes de mercredi sur la ligne 2.»

«Ils auraient tous pu se produire à un autre moment de l'année, a poursuivi la STM. Cette séquence d'arrêts de service successifs, mais indépendants les uns des autres, ne signifie absolument pas une baisse de fiabilité du métro.»

Depuis le début de l'année, le nombre des arrêts de service du métro est en baisse de 5% par rapport à l'an dernier, selon les données de la STM.

Au 30 septembre dernier, la STM avait enregistré 635 interruptions de service de plus de cinq minutes dans le métro, toutes causes confondues, depuis le début de 2009.

Des équipements de 1966

Le métro de Montréal a 43 ans. Ses lignes 1 et 4 sont desservies par des voitures qui ont été mises en service lors de son inauguration. Et selon la STM, environ 40% des systèmes électriques qui permettent d'alimenter ce réseau, qui transporte près d'un million de personnes par jour, datent «de l'origine du métro».

Dans le cadre d'un vaste programme de réfection des équipements fixes du métro en cours depuis 2001, Réno-Systèmes, la STM prévoit qu'environ 143 millions auront été consacrés au renouvellement des «équipements d'énergie» d'ici la fin de 2011. «À la fin de ces deux premières phases de Réno-Systèmes, précise la STM, environ 50% des équipements électriques liés aux équipements fixes du réseau initial auront été renouvelés.»

L'âge des équipements et du matériel roulant n'a toutefois rien à voir avec les pannes récentes, a insisté la STM. Si le réseau vieillit, les travaux d'entretien et de renouvellement en cours ont déjà permis d'améliorer la fiabilité de l'ensemble du réseau, «qui augmente année après année».

Au moment d'écrire ces lignes, hier après-midi, en pleine heure de pointe, la STM a annoncé une nouvelle panne concernant la station montréalaise Henri-Bourassa et les trois stations de Laval, sur la ligne 2 (orange). La cause et la durée de cette interruption de service n'étaient pas encore connues.

 

INTERRUPTIONS DE SERVICE

(Métro de Montréal, 2007-2009)

Nombre de kilomètres parcourus

2007 > 64,8 millions

2008 > 75,7 millions

2009 (au 30 septembre) > 56,9 millions

Nombre d'interruptions de plus de 5 minutes

2007 > 853

2008 > 897

2009 (au 30 septembre) > 635

Nombre moyen de kilomètres parcourus entre deux interruptions

2007 > 76 000 km

2008 > 84 000 km

2009 (au 30 septembre) > 89 600 km

Source: Société de transport de Montréal