La Société du parc Jean-Drapeau fait marche arrière. Les cyclistes de performance pourront continuer à s'entraîner sur la piste du circuit Gilles-Villeneuve. Fraîchement installées, les barrières de ralentissement ont été retirées.

Mis à jour le 17 juin 2009
Caroline Touzin LA PRESSE

La décision unilatérale des dirigeants du parc Jean-Drapeau de limiter la vitesse des cyclosportifs sur le circuit avait suscité la grogne des principaux intéressés la semaine dernière. D'autant plus que la solution de rechange proposée consistait à déplacer les athlètes autour du bassin olympique. Cela avait eu pour effet de susciter du mécontentement chez les usagers du bassin (kayak, bateau-dragon, aviron) qui n'avaient pas davantage été consultés.

La Société du parc Jean-Drapeau a finalement convié les représentants de groupes cyclistes à une rencontre, hier, durant laquelle différentes solutions ont été trouvées. «D'entrée de jeu, la Société a reconnu qu'elle aurait dû nous consulter. La discussion a été très positive sur un mode de collaboration», s'est réjoui le directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Louis Barbeau.

En plus de retirer les barrières de ralentissement, la Société va installer une meilleure signalisation sur le circuit. Les cyclistes plus lents devront rouler à droite sur la voie cyclable. Les plus rapides, à gauche. Les cyclosportifs peuvent atteindre des vitesses de 35 à 40 km/h à l'entraînement. Les dos d'âne posés récemment resteront en place dans la voie réservée aux automobilistes. Une portion du circuit qui était à double sens pour les automobilistes redeviendra à sens unique. Autre victoire pour les athlètes: aucune contrainte d'horaire ne leur sera imposée.

Prudence

De leur côté, les groupes de cyclistes de performance devront sensibiliser leurs membres à faire preuve de prudence sur le circuit. La Société a répertorié 27 accidents sur le circuit l'été dernier, dont 12 ont nécessité un transport en ambulance. «On va sensibiliser notre monde à être vigilant en grande période d'achalandage, notamment lorsque les baigneurs se rendent en masse à la plage du parc. La sécurité est la préoccupation de tous», indique M. Barbeau.

La médaillée paralympique Chantal Petitclerc est satisfaite du dénouement. La coureuse en fauteuil roulant, qui s'entraîne chaque semaine sur le circuit, a aussi été invitée à la rencontre d'hier. «Tout le monde va pouvoir cohabiter de façon sécuritaire», indique celle qui s'était inquiétée la semaine dernière, en entrevue à La Presse, que les athlètes de haute performance se fassent encore une fois «tasser» au profit des sportifs récréatifs.

La Société du parc Jean-Drapeau n'a pas accordé d'entrevue, hier. Sa direction publiera un communiqué sur la question aujourd'hui, a dit l'assistante de la directrice des affaires publiques, Nathalie Lortie.

Une manifestation réunissant plusieurs centaines de cyclistes avait eu lieu vendredi dernier sur le circuit pour protester contre la décision de la direction du parc.

Le circuit Gilles-Villeneuve est l'endroit d'entraînement de prédilection des cyclosportifs, qui roulent à une vitesse trop élevée pour circuler sur les pistes cyclables. C'est le seul endroit à Montréal où ils peuvent maintenir une vitesse de pointe.