L'équipe du maire Tremblay vient de se faire couper l'herbe sous le pied par le maire Benoit Labonté avec son idée de rendre piétonne la rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal. Après avoir planché sur le projet tout l'hiver, le maire de Ville-Marie et chef de l'opposition entend ouvrir la rue aux piétons dès cet été, de part et d'autre de la place Jacques-Cartier.

Mis à jour le 5 mai 2009
Sara Champagne LA PRESSE

Les élus de l'arrondissement de Ville-Marie ont donné leur aval au projet, mardi soir, lors de la réunion du conseil mensuelle, au sujet du projet pilote qui doit s'échelonner du 17 juillet au 3 août. Histoire d'en tester la popularité, l'ouverture de la rue s'effectuera d'abord sur un petit tronçon, entre la rue du marché Bonsecours et la rue Saint-Gabriel.

L'été dernier, alors que la rue Sainte-Catherine était devenue piétonne, à l'incitation du maire Labonté, la ville centre avait annoncé son intention de fermer à la circulation une portion de la rue Saint-Paul. Mais devant la grogne des commerçants du Vieux-Montréal, l'administration Tremblay avait renoncé au projet.

Se montrant bon joueur, André Lavallée, responsable du Plan de transport au comité exécutif de Montréal, a admis que le projet n'avait pas vu le jour l'an dernier «pour des raisons politiques».

«C'est un bon pas qui est en train de se réaliser, a dit M. Lavallée. Je pense que tous les élus, que ce soit d'Union Montréal ou de Vision Montréal, vont se rallier derrière le projet. Et je pense que les gens vont embarquer. Dans toutes les grandes villes du monde, que ce soit à Stockholm ou même sur Broadway, à New York, il y a un mouvement de piétonnisation.»

Terrasses

Outre la fermeture de la rue, l'arrondissement de Ville-Marie prévoit octroyer des permis pour des amuseurs publics, l'installation d'un kiosque place Jacques-Cartier, de même que l'aménagement de petites terrasses. En raison des normes de sécurité et de l'étroitesse de la rue Saint-Paul, les terrasses ne devront toutefois pas dépasser le trottoir. Le projet devrait nécessiter un investissement de 20 000 $.

À la Société de développement commercial (SDC) du Vieux-Montréal, où on a collaboré au projet en menant un sondage auprès des commerçants, on explique que le projet est possible grâce à la mise en place d'une voie réservée pour l'autobus 515 et les taxis entre la rue McGill et le boulevard Saint-Laurent.

«Sinon l'accès aurait été trop difficile, précise le directeur général de la SDC, Daniel Soucy. La pilule a par ailleurs été plus facile à avaler parce que la piétonnisation sera de courte durée, à l'essai, et sur un petit tronçon. Après on pourra s'ajuster.»