Les esprits s'échauffent à la veille de la manifestation annuelle contre la brutalité policière. Les organisateurs ne garantissent pas que le rassemblement aura lieu sans heurts, demain après-midi, et accusent les policiers de Montréal de «jeter de l'huile sur le feu». «On n'encourage pas la violence, nous. On va faire tout ce qu'on peut pour que cela se passe bien; on va faire des recommandations au début du rassemblement, mais on n'a pas le contrôle de ce qui va arriver», a déclaré, hier matin, Gabrielle Potvin, porte-parole du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP). «Il y a des gens qui viennent à cette journée-là pour exprimer leur colère, parce qu'on ne leur donne pas la possibilité de se plaindre s'ils sont victimes de répression policière «, a ajouté Hugo Lebreton, aussi du COBP.

Mis à jour le 14 mars 2009
Violaine Ballivy LA PRESSE

Et la colère, dit-il, gronde de plus en plus depuis les événements de Montréal-Nord. Le COBP reproche notamment au président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, de défendre le travail des policiers mêlés à la mort de Fredy Villanueva, d'empêcher la tenue d'enquêtes publiques et d'entraver le travail des coroners. Selon le Service de police de la ville de Montréal, de 800 à 1600 personnes pourraient se rassembler devant le métro Mont-Royal, demain, à l'invitation du COBP. Paradoxalement, ces manifestations contre la violence se sont souvent soldées par des arrestations (une quarantaine l'an dernier) et des actes de vandalisme. Cette année, le SPVM craint que le climat soit plus agressif encore. Des agents ont distribué des mises en garde aux commerçants au cours des derniers jours, leur suggérant notamment de vider leurs vitrines et de retirer les chaises, les affiches et tous les autres objets susceptibles de servir de combustible ou d'être utilisés comme projectiles. Jeudi, la Ville de Montréal a aussi déposé une demande au Conseil des services essentiel en vue d'obliger ses agents à revêtir leur uniforme réglementaire pour la manifestation, affirmant que le port du pantalon de camouflage, adopté comme moyen de pression par les syndiqués, peut être perçu comme un élément de provocation par les manifestants. La Ville a été déboutée, mais elle étudie la possibilité d'interjeter appel. «Nos informations nous laissent aussi présager que les manifestants vont avoir des cagoules rouges et des pantalons de combat qui ressembleront à ceux portés par les policiers. On redoute que cela crée de la confusion et ralentisse l'intervention des policiers», a soutenu, hier, le porte-parole du SPVM, Paul Chablo.

 

«Ces manifestants n'ont pas besoin de provocation: ils vont tout casser, il va y avoir des arrestations de toute façon; cela arrive chaque année», a répliqué Yves Francoeur.