Des bulletins de vote ont été détruits illégalement lors des dernières élections municipales à Sainte-Julienne, vient de confirmer le Directeur général des élections (DGE).

Gabriel Béland LA PRESSE

Le président de scrutin, Claude Arcoragi, a été reconnu coupable d'avoir enfreint la loi électorale et devra payer une amende de 500$.

M. Arcoragi, qui est aussi directeur général de cette municipalité de Lanaudière, a passé à la déchiqueteuse les bulletins de vote avant même que ne soient écoulés les 30 jours au cours desquels il est possible de contester les résultats d'une élection. La loi exige qu'ils soient conservés pendant au moins un an.

Selon le chef du parti d'opposition Progrès Sainte-Julienne, la décision du DGE vient porter ombrage au résultat du scrutin. «Nous avons de sérieux doutes sur l'intégrité des résultats», dit Claude Roy.

Le maire répond que les infractions commises par le président de scrutin ne relèvent que de lui. «C'est la faute de Claude Arcoragi, c'était lui le boss des élections. C'est lui qui a pris la décision et on n'était pas au courant», plaide Marcel Jetté.

Une bête méprise

Il s'agit d'une bête méprise, explique le maire. Selon lui, le camion-déchiqueteur est passé le 25 novembre 2009 à la municipalité comme chaque mois. Le président de l'élection, «pour une raison qu'on ignore», a alors pris sur lui de se débarrasser des bulletins. Le maire et les membres de son parti n'y sont pour rien, jure-t-il.

Au mois de novembre dernier, Claude Arcoragi a été suspendu avec solde de son poste de directeur général de Sainte-Julienne. Mais le maire insiste pour dire que cette décision n'a rien à voir avec le rôle que M. Arcoragi a joué aux élections.

On a appris par ailleurs hier l'embauche de M. Arcoragi par la Ville de Joliette, à titre d'adjoint au directeur général. Il devrait entrer en fonction le 15 mars. À Sainte-Julienne, on précise qu'il n'a pas encore démissionné.

«On veut faire porter le chapeau à Claude Arcoragi, accuse Claude Roy. C'est très pratique.» Selon lui, les élections ont été entachées d'autres irrégularités. Il prétend notamment qu'au moins 1000 bulletins de vote non utilisés ont disparu le jour du scrutin, ce que nie le maire.

L'élection de novembre 2009 à Sainte-Julienne, ville de 9000 habitants, a ramené à la mairie Marcel Jetté avec une majorité de 965 voix, lui qui avait été battu en 2005 par Pierre Mireault. Les six colistiers de M. Jetté ont tous été élus comme conseillers.

Le ministère des Affaires municipales a par ailleurs indiqué hier que trois plaintes concernant Sainte-Julienne sont en traitement.