Consciente que l'infestation de punaises de lit va croissant dans la métropole, la Ville de Montréal a finalement décidé de mettre sur pied un registre. La base de données va permettre de cartographier la progression de l'insecte dans la métropole afin de mieux cibler les interventions.

Gabriel Béland LA PRESSE

Des spécialistes de l'extermination réclamaient depuis des mois la mise en place d'un tel registre. La Ville avait jusqu'à maintenant refusé, arguant qu'une telle mesure pourrait stigmatiser les locataires aux prises avec la petite bestiole. Afin d'éviter un tel scénario, le registre sera donc entièrement confidentiel.

Les données seront recueillies auprès de plusieurs sources : les appels des citoyens au service 311 ainsi qu'aux arrondissements, les interventions des inspecteurs et les données des grands propriétaires résidentiels, comme l'Office municipal d'habitation de Montréal.

Le conseiller Michael Applebaum, qui est aussi responsable de l'habitation au comité exécutif, va présenter une motion en faveur du registre lundi ou mardi au conseil municipal. L'élu d'Union Montréal devrait recevoir l'appui des partis de l'opposition, puisque ceux-ci demandent aussi la création d'un registre.

Jusqu'à aujourd'hui, la Ville de Montréal ne possédait pas de statistiques précises sur l'infestation qui affecte Montréal. Mais des exterminateurs, qui sont aux premières lignes, estiment que la punaise de lit progresse dans tous les quartiers de la Ville. «Dans les dernières années, le nombre de cas bondit de 500% par année, expliquait à La Presse Harold Leavey, de l'entreprise d'extermination Maheu, en janvier. En 1995, je recevais un appel par jour pour des punaises de lit. Aujourd'hui, c'est autour de 50.»