Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a annoncé vendredi à Montréal un nouveau programme d'intégration des médecins diplômés à l'extérieur du Canada et des États-Unis.

Sara Champagne LA PRESSE

eDès l'automne prochain, des stages de «mise à niveau» et «d'acclimatation» leur seront offerts en partenariat avec l'hôpital St. Mary et le Centre de santé et de services sociaux du Sud-Ouest-Verdun. Le Centre universitaire de santé McGill sera aussi mis à contribution.Le gouvernement du Québec donne ainsi suite aux recommandations d'un groupe de travail dont le mandat était de trouver des solutions afin d'accélérer le traitement des dossiers des candidats.

À court terme, le programme vise à réserver 65 places aux médecins diplômés à l'étranger, mis à part ceux de la France, qui sont assujettis à une nouvelle entente avec le Québec sur la mobilité de la main-d'oeuvre spécialisée.

«On veut avoir tous les citoyens québécois titulaires d'un diplôme en médecine, a précisé M. Bolduc. On se veut inclusifs. Et on donnera la chance aux autres, qui n'ont pas les compétences requises, de participer à notre société.»

La mise en place du programme coûtera 2,4 millions par année, et une somme supplémentaire de 1,6 million permettra de payer les stagiaires.

Emploi Québec

Une troisième étape du programme d'intégration comporte un volet afin d'aviser rapidement les candidats qui ne correspondent pas aux critères de pratique de la médecine au Québec.

«Si quelqu'un n'a pas pratiqué depuis 20 ans, sa candidature a peu de chances d'être retenue, a expliqué le Dr Vincent Échavé, président du comité de travail à l'origine du programme. On va donc être clairs et on va les diriger vers Emploi Québec afin qu'ils puissent se trouver un emploi lié au domaine de la santé.»

À ce sujet, le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, qui a assisté au point de presse du ministre, estime qu'il vaut mieux travailler dans le réseau de la santé «que de devenir chauffeur de taxi». Il appréhende toutefois «du mécontentement» du côté des médecins français, que le Dr Échavé a prévenus, vendredi, «qu'ils ne seront pas accueillis à plein Boeing 747 au Québec».

«Nous sommes contre l'idée de faire venir des immigrants. On veut favoriser nos médecins diplômés hors du Canada et des États-Unis, a précisé le Dr Échavé. Les Français vont devoir passer des examens.»

Présentement, on estime que 3000 médecins diplômés dans un autre pays et vivant au Québec n'ont pas la permission d'exercer. En 2009, 94% des médecins demandeurs (146 demandes) n'ont pas été admis, dont une majorité en médecine familiale, un secteur où la pénurie est particulièrement marquée.