L'inaction de Québec face aux révélations touchant la corruption dans la distribution des contrats municipaux a un impact dans l'opinion publique.

Mis à jour le 28 oct. 2009
Denis Lessard LA PRESSE

Pour la première fois depuis le printemps dernier, l'étoile du gouvernement libéral pâlit, révèle un sondage CROP réalisé auprès de 1000 répondants, précis à trois points près. Le coup de sonde réalisé du 15 au 25 octobre pour le compte de La Presse démontre non seulement une baisse de la satisfaction à l'endroit du gouvernement Charest mais aussi un repli des intentions de vote.

En octobre, 45% des gens se disaient satisfaits du gouvernement - on en comptait 49% le mois précédent. Les insatisfaits augmentent de 4% aussi, à 51%. Les «très insatisfaits», à 16%, sont trois fois plus nombreux que les «très satisfaits».

Même descente pour les intentions de vote, où les deux partis sont désormais au coude à coude, après répartition proportionnelle des 19% d'indécis. Les libéraux auraient eu 39% des suffrages, quatre points de moins qu'il y a un mois, si des élections avaient lieu cette semaine. Du côté du PQ, on monte de cinq points, à 40%. Aucun signe de reprise à l'ADQ, en dépit du nouveau chef Gilles Taillon; on passe de 7 à 8%. On piétine aussi chez Québec solidaire et les Verts.

Avec ce sondage, le PLQ revient aux niveaux d'avril 2009, une période marquée par les résultats accablants de la Caisse de dépôt.

«On peut se demander si (la baisse d'octobre) n'est pas la conséquence du manque de leadership du gouvernement devant le débat sur l'intégrité, quand on voit qu'à près de 80%, les gens réclament une commission d'enquête publique», explique Maïalène Wilkins, spécialiste de CROP. Si des élections avaient eu lieu, on peut penser que cela aurait été «avantage PQ», observe-t-elle, rappelant l'avance du PQ chez l'électorat francophone - un fossé de 13 points, à 46% contre 33%.

Trop tôt

Mais avec une seule enquête, il est trop tôt pour dire qu'on observe une tendance, que le «téflon» du gouvernement a fait son temps, insiste Mme Wilkins.

Même si son parti perd des plumes, Jean Charest reste bien en selle. Sa cote comme «meilleur premier ministre» parmi les chefs politiques québécois est toujours à 42%.

Inversement, alors que son parti gagne des points, l'image de Pauline Marois ne s'est pas améliorée. Désormais une personne sur trois estime qu'elle serait le meilleur premier ministre, un point de moins qu'il y a un mois.

Par région, pas de surprises. Les libéraux dominent à Montréal, avec 45% des suffrages contre 35% au PQ. Inversement, en région, c'est le PQ qui règne, avec 47% des appuis contre 35% aux libéraux.

À Québec, ce sont encore les péquistes qui sont en avance avec 39%, contre 27% pour les libéraux. La capitale reste la seule région où l'ADQ est un acteur important, avec 24% des intentions de vote.