La circonscription de Rousseau était bleue; jusqu'à nouvel ordre, elle le restera. Le candidat péquiste Nicolas Marceau a obtenu une victoire décisive, hier soir, à l'issue d'une élection partielle dans cette circonscription de Lanaudière.

Mis à jour le 22 sept. 2009
Catherine Handfield LA PRESSE

Les citoyens de Rousseau étaient appelés aux urnes pour choisir un successeur au député péquiste François Legault, qui a tiré sa révérence en juin après avoir représenté la circonscription pendant plus de 10 ans. Force est de constater que, malgré le départ du candidat-vedette, les électeurs sont restés fidèles au Parti québécois.

Nicolas Marceau a obtenu 57% des voix, ce qui lui confère une avance de plus de 4300 voix sur son adversaire libéral, Michel Fafard. En pourcentage, la performance de M. Marceau est comparable à celle de François Legault aux élections générales de décembre 2008.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a célébré avec les siens, hier soir, dans une salle privée du village de Saint-Esprit.

La victoire dans Rousseau est une «vraie victoire», a-t-elle lancé d'emblée devant une foule de partisans. «Les gens de Rousseau avaient un excellent député, et ils ont choisi d'élire ce soir un excellent député», a-t-elle poursuivi.

Pauline Marois, qui a visité la circonscription cinq fois pendant la campagne, a avoué que le PQ se devait de gagner dans Rousseau, fief péquiste depuis 15 ans. «C'est une circonscription que nous avions conservée au moment où il y a eu la vague adéquiste, et c'était absolument essentiel qu'on conserve Rousseau», a-t-elle déclaré après son discours.

Cette victoire est salutaire pour le Parti québécois, qui s'est incliné devant les libéraux dans une autre élection partielle, en juin, dans Rivière-du-Loup.

«Si le PQ avait eu de la difficulté dans Rousseau, ça aurait été problématique pour le leadership de Pauline Marois», estime Jean-Herman Guay, politologue à l'Université de Sherbrooke.

L'arrivée de Nicolas Marceau, professeur d'économie à l'UQAM, redore l'image du Parti québécois, ajoute M. Guay. «Le PQ perdait des pragmatiques avec le départ de François Legault (qui s'occupait des questions économiques au PQ)», a-t-il souligné.

Nicolas Marceau entend défendre en priorité les dossiers des agriculteurs, des CPE, du décrochage scolaire, des routes et de l'accès aux soins de santé.

À plus long terme, il souhaite «mettre les pendules à l'heure» quant au discours qui circule sur la faisabilité économique de la souveraineté. «J'ai la conviction que le Québec a tout ce qu'il faut, déjà, maintenant, pour voler de ses propres ailes», a-t-il lancé.

Les libéraux gagnent des points, l'ADQ en perd

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, s'est dit satisfait de la campagne menée par son candidat, Michel Fafard.  En compagnie de M. Fafard, dans une salle de Saint-Lin-Laurentides, il a souligné que l'appui envers les libéraux avait grimpé de 50% entre les élections de 2008 et celle d'hier, passant de 22% à 31%.

De son côté, l'Action démocratique du Québec a poursuivi sa chute libre, récoltant seulement 4,7% des voix. Le candidat Jean-Pierre Parrot, qui se présentait pour la troisième fois, avait récolté 16,4% en 2008, et 37,8% en 2007.

Le candidat de Québec solidaire, François Lépine, a pour sa part obtenu 4,4% des voix. Il est suivi de près par Guy Rainville, le chef du Parti vert, qui a récolté 3,1% des votes.

Le scrutin a suscité un intérêt limité parmi les électeurs de Rousseau: 30,2% de la population a exercé son droit de vote, selon les données du Directeur général des élections du Québec.

En comparaison, 23,1% des électeurs avaient voté lors de la partielle dans Marguerite-Bourgeoys, en juin. Le même jour, 61,8% des électeurs s'étaient déplacés pour choisir un successeur à Mario Dumont dans Rivière-du-Loup.