Autre chapitre dans la saga des dons et commandites controversés d'Hydro-Québec: la société d'Etat s'est engagée à verser 50 000 $ au Conference board du Canada.

Mis à jour le 20 août 2009
Rémi Nadeau LA PRESSE CANADIENNE

Le hic, c'est que le président-directeur général d'Hydro, Thierry Vandal, siégeait aussi au conseil d'administration du groupe de réflexion et d'analyse économique lorsque la commandite a été accordée en 2006.

Depuis, en novembre 2008, il a accepté un mandat de deux ans à titre de président du conseil d'administration du Conference board.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, estime qu'il y a là apparence de conflit d'intérêts.

«Cette histoire de dons et commandites dans lesquels Thierry Vandal est impliqué personnellement, ça fait penser aux poupées russes: quand on en enlève une, il y en a une autre en dessous», a imagé le député péquiste de Jonquière, lorsqu'il a été appelé à commenter cette autre contribution financière de la société d'Etat, jeudi.

En entrevue téléphonique, il a indiqué qu'il s'agissait d'un élément supplémentaire qui devrait convaincre la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, d'exiger qu'Hydro-Québec rende des comptes sur ses choix de contributions financières.

Au bureau des relations publiques d'Hydro-Québec, on explique que la société d'Etat s'est engagée à verser 50 000 $ en commandite au Conference board du Canada entre 2006 et 2010, pour appuyer la confection de l'étude annuelle «How perform Canada».

Cette étude compare différentes données socio-économiques du Canada avec celles d'autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

«Trois créneaux nous intéressent, soit l'économie, l'innovation et l'environnement. Le document contient des instruments de mesure qui servent à notre planification stratégique. Les gens ont considéré chez-nous que c'était intéressant pour Hydro-Québec de contribuer à la publication de cette étude», a expliqué la porte-parole, Marie-Hélène Deveault.

Toutefois, elle ignorait que M. Vandal siégeait au conseil d'administration du Conference board, lorsqu'elle a été questionnée par La Presse Canadienne jeudi.

Plus tôt dans la journée, la chef péquiste, Pauline Marois, a livré une charge contre le gouvernement Charest, à qui elle demande encore de démettre Thierry Vandal de ses fonctions.

«Le pdg d'Hydro-Québec a manqué de jugement, c'est inacceptable», a déclaré la chef, en marge d'une réunion de ses députés à Trois-Rivières, en commentant les dons importants accordés par la société d'Etat à trois écoles privées, le Collège Notre-Dame, le Collège Jean-de-Brébeuf et le Séminaire de Sherbrooke.

«C'est l'illustration que ce gouvernement n'a pas d'allure. Il accepte ces subventions en disant que M. Vandal a toujours sa confiance», a-t-elle ajouté.

Hydro-Québec a versé des dons de 250 000 $ sur cinq ans au Collège Notre-Dame et de 200 000 $ sur cinq ans au Collège Jean-de-Brébeuf, auxquels les deux établissements ont choisi de renoncer, en raison de la controverse qu'ils ont suscitée.

Le pdg d'Hydro, Thierry Vandal, a fréquenté les deux établissements et agit à titre de président du conseil d'administration du Collège Notre-Dame.

Quant au Séminaire de Sherbrooke, Hydro-Québec lui versera 187 000 $ sur une période de 10 ans.

Toutefois, cette contribution a été attribuée dans le cadre de la campagne de financement régionale «Ensemble», qui vise aussi la fondation de l'Université de Sherbrooke et des établissements de santé.

Faisant face à de nombreuses critiques, la direction d'Hydro a déjà annoncé qu'elle ne prendrait plus d'engagement à l'égard d'écoles privées, après que la ministre Normandeau lui ait demandé de revoir sa politique en matière de dons et commandites.