L'Union pour un mouvement populaire (UMP), le parti du président Nicolas Sarkozy, n'entend pas à rire avec les commentaires publiés à son sujet sur les blogues. Deux jeunes militantes du Parti libéral et du Parti québécois l'ont appris à leurs dépens lors d'un stage à l'UMP.

Mis à jour le 4 août 2009
Tommy Chouinard LA PRESSE

Le parti a mis fin abruptement à leur stage après qu'elles eurent écrit sur un site internet que l'UMP ne s'occupait pas beaucoup d'elles et que le projet était mal ficelé.

 

En mai dernier, la militante libérale Marie B. Deschamps et la péquiste Martine Leblanc-Constant se sont rendues en France pour faire un stage de quatre semaines dans les bureaux de l'UMP. Les stages sont organisés chaque année par le Comité d'action politique franco-québécois (CAPFQ), chapeauté ici par l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ). Ils sont offerts aux jeunes engagés dans un parti politique.

L'OFQJ demande aux stagiaires d'alimenter un blogue durant leur séjour. «Les stages étaient malheureusement mal préparés par l'UMP, qui était en campagne électorale européenne. Nous en avons effectivement, et bien évidemment, fait part sur le blogue que nous tenions comme rapport de stage», a expliqué Martine Leblanc-Constant à La Presse par courriel.

Selon elle, l'UMP «n'a pas beaucoup apprécié». Le parti a décidé de mettre un terme au stage, une décision qui a surpris les deux Québécoises. Le stage aura duré trois semaines au lieu de quatre. Les commentaires ont été retirés du site internet.

Le porte-parole français du CAPFQ, Pierre Aronoff, confirme qu'il y a eu une «petite difficulté» avec les deux stagiaires en raison des commentaires diffusés sur le blogue. «L'UMP ne souhaitait pas qu'on parle de ça», surtout en pleine campagne européenne, a-t-il dit. Selon lui, c'est la première fois en 15 ans qu'un stage est ainsi interrompu. L'UMP était débordée en mai à cause des élections européennes, a-t-il expliqué. Et en campagne électorale, «on veut que tout soit contrôlé».

«Pour l'UMP, les propos tenus n'étaient pas adéquats et la situation n'était pas acceptable», a dit Stéphane Lacasse, du CAPFQ section Québec. Il souligne que le parti n'a pas contrevenu aux règles qui encadrent les stages en renvoyant les deux Québécoises. Durant leur dernière semaine en France, elles ont participé à des activités organisées par le CAPFQ, comme des rencontres avec des acteurs politiques et une visite de l'Assemblée nationale.

«Nous sommes malheureusement tombées sur un mauvais stage» mais «ce n'est pas la norme», a affirmé Martine Leblanc-Constant. «Nous avons quand même beaucoup appris de cette expérience et continuons de le recommander pour les futures années.»

L'UMP n'a pas rappelé La Presse. De son côté, Marie B. Deschamps a décliné une demande d'entrevue.