Jean Charest taille en pièces le plan de «gouvernance souverainiste» que compte promouvoir Pauline Marois, qu'il accuse de vouloir créer un climat de «menace» et de «division» dans la société québécoise.

Mis à jour le 31 mai 2009
Martin Croteau et Tommy Chouinard LA PRESSE

«Ce plan va diviser les Québécois, a affirmé le premier ministre dans un entretien accordé à La Presse, hier. Ça va créer de l'instabilité économique, de l'instabilité politique, surtout avec la menace de référendums sectoriels à répétition. J'ai trouvé ça assez alarmant.»

 

La Presse a révélé hier qu'un gouvernement péquiste mettrait en veilleuse un référendum sur la souveraineté et revendiquerait plutôt l'exclusivité d'une série de compétences que le Québec partage actuellement avec Ottawa, par exemple la perception des impôts. En cas de désaccord avec le fédéral, le PQ envisage de tenir des «référendums sectoriels».

Pour le premier ministre, toutefois, le nouveau plan péquiste a en réalité l'objectif de stimuler la ferveur souverainiste.

«Ils vont chercher des enjeux qui divisent les Québécois entre eux, qui divisent les Canadiens, a-t-il affirmé. Ils ne vont pas chercher à faire des ententes avec le fédéral. Ils vont chercher la souveraineté.»

La stratégie de Pauline Marois a également suscité bien des réactions au conseil général de l'ADQ, à Québec.

«Sa position? Vous parlez de l'autonomie? Je suis content de voir que Mme Marois nous donne raison», a lancé Éric Caire, député de La Peltrie et candidat à la direction de l'ADQ. Au sujet de sa proposition d'avoir une seule déclaration de revenus, il lui suggère de lire le programme électoral adéquiste

De son côté, le chef fondateur de l'ADQ, Jean Allaire, est à la tête d'un groupe composé d'une quinzaine de personnes issues de divers horizons politiques qui veulent «actualiser» le rapport du groupe Réflexion Québec. Ce rapport sur l'avenir constitutionnel du Québec avait donné naissance à l'ADQ.

«Peut-être qu'on va aller jusque-là», a-t-il dit au sujet des référendums sectoriels en vue de rapatrier des pouvoirs.

«Mais si le fédéral dit non, qu'est-ce qu'on fait? C'est ça la question, a ajouté M. Allaire. Les gens ne veulent pas entendre parler de référendum sur la souveraineté, et il faut respecter le peuple.»