Les étudiants étrangers seront invités à rester au Québec après leurs études. Ce sont près de 22 000 ressortissants étrangers qui, une fois leur diplôme en poche, auront droit à un certificat de sélection leur ouvrant les portes de la résidence permanente au Québec.

Mis à jour le 10 mars 2009
Denis Lessard LA PRESSE

C'est l'une des rares mesures annoncées cet après-midi par le premier ministre Jean Charest dans son message inaugural à l'Assemblée nationale. M. Charest n'a pas caché que le prochain budget serait difficile. L'objectif du gouvernement est de faire en sorte que le Québec «rebondisse» rapidement après la tempête économique.

>>> Le discours intégral de Jean Charest

Pour le premier ministre Charest, l'initiative concernant les étudiants étrangers est «un geste audacieux pour garder cette jeunesse et son potentiel chez nous».

Actuellement, un étudiant sur dix demeure au Québec une fois ses études complétées, «Nous nous fixons comme objectif de tripler le nombre d'étudiants étrangers qui font le choix de demeurer au Québec» a dit M. Charest.

«Le Québec accueille chaque année quelque 22 000 étudiants étrangers. Ils sont jeunes. Ils sont brillants. Ils sont talentueux. Le monde entier se les arrache» a souligné le premier ministre. «Je veux que pour eux, le Québec ne soit pas qu'un heureux souvenir, mais qu'il soit un projet d'avenir», a renchéri M. Charest.

Pour lui, le Québec ne doit «jamais perdre de vue que malgré la crise économique actuelle, le Québec fait face à un vieillissement de sa population et à un problème croissant de pénurie de main-d'oeuvre. Le geste pour les étudiants étrangers sera accompagné de mesures pour encourager des personnes plus âgées à faire le choix de rester sur le marché du travail».

M. Charest est longuement revenu sur ses annonces du Plan Nord et le projet de libre échange entre le Canada et l'Europe. «Nous donnerons au peuple québécois l'espace dont il a besoin pour grandir. Cet espace, nous le créerons avec l'entente France-Québec sur la mobilité des travailleurs; cet espace, nous le déploierons dans un accord entre le Canada et l'Union européenne; cet espace nous l'occuperons en nous donnant un plan pour développer le Nord québécois.»

Décisions difficiles

Le budget du 19 mars sera rempli de «décisions difficiles». Malgré la crise et la pression qu'elle exerce sur les finances publiques, «nous allons continuer d'investir en santé, notamment en facilitant l'accès à un médecin, avec de nouveaux groupes de médecine familiale».

Québec compte «honorer ses responsabilités envers les plus vulnérables, les ainés en perte d'autonomie, les proches qui les entourent et les personnes handicapées.

«Le Québec est une société de compassion» a-t-il dit, promettant que le budget aiderait les entreprises d'économie sociale.

«Dans ce budget, nous allons aussi soutenir nos entreprises, soutenir tout spécialement l'investissement, stimuler l'innovation, particulièrement le développement des nouvelles technologies vertes, et maintenir une fiscalité concurrentielle», promet-il.

La crise financière est devenue crise économique, «ce que nous vivons n'a pas de comparable. Cette crise, par les raisons qui l'ont déclenchée, par la manière dont elle s'est propagée, est inédite. Personne dans cette assemblée ne peut prétendre avoir vécu une situation similaire à celle que nous vivons», observe le premier ministre.

«Le Québec, qui a une des économies les plus ouvertes au monde, branchée sur l'économie américaine, est directement affecté. Je comprends l'inquiétude des Québécois», a-t-il reconnu.