S'inspirant de la recette qui a fait le succès de Barack Obama, le Parti québécois entend multiplier débats, groupes de travail, visites de cégeps et d'université, mobilisation de militants sur fond d'utilisation accrue de l'internet, pour mousser son option politique.

Mis à jour le 29 janv. 2009
Karim Benessaieh LA PRESSE

La souveraineté sera omniprésente dans les prochains mois, assure la chef du PQ, Pauline Marois. «Essentiellement, on veut faire de l'animation politique dans nos comtés, par nos militants et nos militantes, aller à la rencontre des jeunes en particulier, a expliqué la chef du Parti québécois aujourd'hui à La Malbaie. Partout où il sera possible d'intervenir publiquement pour illustrer ce que sera la souveraineté dans la vie quotidienne des Québécois, nous allons le faire.»

La stratégie d'Obama et, dans une moindre mesure, celle des socialistes français, a servi d'exemple à la campagne que s'apprête à mener le PQ, admet un stratège péquiste.

La souveraineté a d'ailleurs été au coeur des débats qui ont réunis les députés du PQ en caucus depuis deux jours au Manoir Richelieu, au cours duquel on a accueilli une vingtaine de nouveaux élus. «Nous avons eu un excellent caucus, un caucus très profitable, estime Mme Marois. Il y a de l'action, de l'enthousiasme au PQ. Les gens sont en forme, déterminés, et sont surtout très motivés.»

La chef péquiste s'est défendue de proposer cette «animation politique» à un mauvais moment, alors que la récession frappe le Québec comme tout le reste de la planète. En fait, la souveraineté pourrait au contraire aider le Québec a mieux se sortir de la crise, estime-t-elle.

«Il n'y a pas de bon ou de mauvais moment pour parler de la souveraineté d'un peuple. Notre souveraineté nous permettrait d'acquérir tous les moyens des États normaux. Nous pourrions décider par nous même des choix qu'on fait au niveau du développement économique, dans les infrastructures, dans nos universités. C'est aussi important d'en parler maintenant que quand le soleil brillera davantage.»

Concrètement, le PQ compte reprendre «l'oeuvre inachevée» que constituent le manifeste et l'argumentaire pour la souveraineté, déposés l'automne dernier et relégués à l'arrière-plan par la campagne électorale. «Lorsqu'on a présenté le manifeste, lorsqu'on a présenté l'argumentaire, on a dit que cet argumentaire devra être discuté entre nous, bonifié et amélioré, explique Mme Marois. Donc, nous allons le faire.»

Le PQ avait également mis sur pied 12 groupes de travail sur la gouvernance souverainiste, qui se penchaient notamment sur la constitution, la langue et le développement culturel. «Nous allons reprendre ces travaux, et nous allons tenter de les faire avancer, sur tous les fronts où c'est pertinent et utile, dit la chef péquiste. Parler d'une refonte de la Charte de la langue française sur la loi 101, ce n'est pas qu'un discours, il y a déjà des documents de base qui ont été présentés.»

En parallèle, le PQ compte prendre au sérieux son rôle retrouvé d'opposition officielle et surveiller de près le gouvernement Charest. Pauline Marois s'est notamment dite «inquiète des demi-vérités» de ce gouvernement dans plusieurs dossiers comme la péréquation et la fermeture d'usine et les coupures d'emplois de Rio Tinto Alcan.

«Ce gouvernement que dirige M. Charest a une vilaine habitude, celle de ne pas dire toute la vérité à la population québécoise. Il a l'obligation de dire toute la vérité, entre autres sur la situation budgétaire du gouvernement du Québec. Les Québécois sont aussi tannés que nous que le gouvernement Charest joue à la cachette avec eux. Le gouvernement a été littéralement jovialiste pendant la campagne électorale. C'est ça qui est absolument inacceptable, ce jeu de demi-vérité sans arrêt.»