Défait le 8 décembre dernier, le plus jeune député de l'histoire de l'Assemblée nationale, Simon-Pierre Diamond, devient, à 23 ans, directeur général de l'Action démocratique du Québec, au moment où le parti est à reconstruire.

Malorie Beauchemin LA PRESSE

«C'est un défi de taille», concède le principal intéressé. L'ADQ s'est effondrée aux dernières élections générales, et son chef, Mario Dumont, doit quitter prochainement la tête du parti.

«À l'ADQ, on a tourné une page. On est rendu à se redéfinir avec un nouveau chef. Il y a un changement de garde», explique M. Diamond, ancien président de la Commission des jeunes de l'ADQ, élu dans Marguerite-D'Youville en mars 2007 alors que la vague adéquiste avait raflé une partie des circonscriptions de la Rive-Sud.

La tâche sera colossale, mais l'ex-député se dit optimiste quant à l'avenir du parti pour lequel il militait déjà avant même d'avoir le droit de voter.

«Notre base militante n'a jamais été aussi forte, avec des députés, des associations de circonscription bien formées. Il faut s'assurer que ces gens-là veulent poursuivre leur engagement pour le Québec. C'est un travail de mobilisation.»

Malgré la défection d'un chef qu'ils adulaient, les militants adéquistes resteront fidèles, selon lui.

«Les gens sont déterminés à poursuivre, estime-t-il. La course à la direction suscite beaucoup d'intérêt. Les ingrédients sont là pour que ça se passe bien.»

Titulaire d'un baccalauréat en droit, qu'il a terminé tout en siégeant à l'Assemblée nationale, le jeune militant avait manifesté au parti, dès le lendemain de sa défaite, son désir de continuer à travailler pour l'ADQ. Il entrera en poste le 1er février à la place d'André Beaudet, qui avait annoncé son départ peu après le scrutin.

Bilan

Par ailleurs, pour la première fois depuis le scrutin, il y a près d'un mois et demi, les 125 candidats élus et battus se réuniront aujourd'hui à Drummondville pour faire un bilan de la campagne électorale.

Mario Dumont y prononcera une allocution, fort possiblement sa dernière à la tête du parti qu'il avait fondé avec Jean Allaire en 1994. À la lumière des résultats catastrophiques de son parti, M. Dumont a annoncé dès le soir du vote, le 8 décembre, qu'il quitterait son poste.

L'ADQ avait fait élire 41 députés aux élections générales de 2007, formant ainsi l'opposition officielle face à un gouvernement libéral minoritaire. Dans l'année qui a suivi, le parti de Mario Dumont est descendu en vrille dans les intentions de vote. Au scrutin de décembre, les Québécois n'ont envoyé qu'une équipe très réduite de sept députés adéquistes à l'Assemblée nationale.

Le chef démissionnaire avait annoncé quelques jours après les élections qu'il resterait en poste jusqu'à ce que son successeur soit nommé. Les paramètres de la course à la direction ne sont pas encore arrêtés. Pressenti pour remplacer M. Dumont, le député de La Peltrie, Éric Caire, a affirmé encore cette semaine qu'il poursuivait sa réflexion.