Le député de Québec solidaire Amir Khadir a déclaré mardi qu'en lançant une chaussure sur une photo du président américain George W. Bush, il a fait honneur à sa fonction de parlementaire.

Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

M. Khadir a affirmé qu'il ne regrettait pas d'avoir posé symboliquement le même geste qu'un journaliste irakien et qu'il le referait si l'occasion se présentait.

Le député de Mercier, qui siégera pour la première fois mardi à l'Assemblée nationale, a estimé qu'il était justifié d'agir ainsi, lors d'une manifestation avant les Fêtes, parce que la population américaine a maintenant honte du président sortant.

M. Khadir a soutenu qu'il a ainsi été à l'écoute de la volonté de ses électeurs, qui s'attendent à une telle liberté d'expression de sa part.

«Je pense que ce geste, comme symbole, est un geste qui honore le député que je suis, a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Pourquoi? Parce que pour moi, (c'est) être à l'écoute des citoyens et des citoyennes, de ceux et celles qui m'ont élu, qui ont fait en sorte que Québec solidaire trouve sa place à l'Assemblée nationale, (qui) s'attendent à ce que nous soyons assez libres de nos opinions.»

En décembre, après avoir entendu à la radio qu'une manifestation se préparait devant le consulat des États-Unis à Montréal, M. Khadir a décidé de s'y présenter et de poser spontanément ce geste, qui lui a valu une plainte à l'Assemblée nationale de la part d'un enseignant de la région de Québec.

Mardi, le député a soutenu que son geste était parfaitement convenable pour un parlementaire. Il a assuré qu'il n'aurait jamais lancé une chaussure à M. Bush s'il l'avait eu en personne devant lui.

«Si je me suis permis de le faire, c'est parce que c'était le symbole du mensonge, c'était le symbole de Guantanamo, c'était le symbole de manipulation, le symbole de la mort, a-t-il dit. C'est contre ce symbole que j'ai lancé le soulier. Et il est certain que je n'aurais probablement sans doute même pas fait ça si M. Bush jouissait encore de l'appui de son propre peuple, ce qui n'est pas le cas.»