Ce n'est pas la première fois que le très actif et pugnace attaché de presse du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, se retrouve sous les projecteurs.

Mis à jour le 15 déc. 2009
Hugo de Granpré LA PRESSE

L'été dernier, M. Harper avait dû s'excuser pour avoir faussement attribué des propos à son adversaire libéral Michael Ignatieff, au sujet d'une possible et éventuelle exclusion du Canada du G8. La citation lui avait été relayée par M. Soudas, qui avait dû lui aussi reconnaître son erreur.

 

Il y a deux ans, c'étaient des allégations de trafic d'influence qui l'avaient projeté à l'avant-plan: des médias avaient rapporté qu'il était intervenu auprès de membres du gouvernement en faveur d'un promoteur immobilier de Montréal poursuivi en justice par Ottawa. Une enquête de la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique de la Chambre des communes l'avait blanchi.

Ses incursions dans les journaux ne se sont toutefois pas limitées à des histoires négatives: au lendemain du vote sur la reconnaissance de la nation par le Parlement, proposée par Stephen Harper en novembre 2006, un article publié dans un quotidien canadien racontait comment c'était M. Soudas, alors âgé de 27 ans, qui avait eu l'idée de la manoeuvre et l'avait orchestrée.

Dimitri Soudas, qui a aujourd'hui 30 ans, est l'un des premiers et plus fidèles soldats de Stephen Harper. Adéquiste au provincial et ancien collaborateur du maire Gérald Tremblay, ce Montréalais d'origine grecque est l'attaché de presse du premier ministre depuis son accession au poste de chef de l'Alliance canadienne, en 2002.

Influence

Cette proximité et cette fidélité lui valent une certaine influence, tant sur la colline parlementaire qu'ailleurs au pays. Son titre officiel, «directeur des communications adjoint et attaché de presse», en cache un autre, qu'il a officiellement cédé cet automne, mais qu'il continuerait à exercer de facto: celui de conseiller principal pour le Québec.

Chaque année, il figure d'ailleurs sur la liste des «100 personnes les plus influentes à Ottawa», dressée par l'hebdomadaire politique The Hill Times.

Le fait qu'il ait été, en tant qu'organisateur principal, l'un des responsables de l'échec des conservateurs au Québec lors des dernières élections ne semble pas avoir trop diminué cette influence. Sa relation parfois difficile avec les membres de la tribune de la presse parlementaire non plus.

Pour certains journalistes politiques, en effet, M. Soudas est l'un des symboles, voire l'une des causes des rapports pénibles qu'entretient le bureau du premier ministre avec eux depuis l'arrivée en poste de Stephen Harper. C'est lui qui a mis en oeuvre l'impopulaire «liste», mise en place dans les conférences de presse dès 2006 pour déterminer l'ordre des questions des journalistes.

«Ça fait longtemps, sur la colline parlementaire, que nous nous plaignons des relations tendues avec le bureau du premier ministre, que ce soit l'accès difficile aux ministres, au premier ministre lui-même ou à l'information du gouvernement», a souligné la présidente de la tribune parlementaire de la presse et journaliste au Devoir, Hélène Buzzetti.

«Si l'incident d'aujourd'hui survenu à la face du monde et impliquant une personnalité aussi respectée dans le public que Steven Guilbeault démontre quoi que ce soit, c'est que nos récriminations ne sont pas que de simples caprices de journalistes.»

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Oui, c'est un canular

Le gouvernement canadien n'est pas le seul à avoir été victime d'un canular organisé par les Yes Men (theyesmen.org). Voici quelques victimes de ces imposteurs de New York:

> Le président George W. Bush

> La Chambre de commerce des États-Unis

> L'Organisation mondiale du commerce

> Le groupe industriel Dow Chemical

> ExxonMobil