La Chambre des communes, à l'unanimité, appuie le Québec dans sa lutte pour s'assurer que les immigrants accueillis sur son territoire apprennent en premier lieu le français. Une motion déposée par le NPD de Jack Layton, en réponse au revers subi par Québec en Cour suprême sur la question de la langue d'enseignement la semaine dernière, a reçu l'appui des quatre formations politiques fédérales.

Mis à jour le 29 oct. 2009
Malorie Beauchemin LA PRESSE

L'énoncé adopté stipule que «la reconnaissance que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni comprend notamment, pour le Québec, le droit de s'assurer que les immigrants qui arrivent au Québec doivent apprendre le français d'abord et avant tout».«Une relique du passé»

Pour le lieutenant politique de Jack Layton au Québec, Thomas Mulcair, le jugement de la Cour suprême, qui invalide la loi 104, rouvrant ainsi la porte à ce que des enfants d'immigrants puissent accéder à l'école anglaise par le truchement d'écoles-passerelles, est «une relique du passé» et une «arme puissante» pour les partisans de la souveraineté du Québec.

«Ce jugement donne la carte routière aux parents pour contourner la loi 101», s'est insurgé M. Mulcair, d'entrée de jeu, lançant le débat sur sa motion à la Chambre des communes.

Le Bloc québécois a vivement appuyé la motion, profitant de l'occasion pour réclamer, à nouveau, que le Québec soit soustrait à la loi canadienne sur le multiculturalisme.

Du côté du Parti libéral, on a jugé que le NPD «défonçait des portes déjà ouvertes», en présentant cette motion, avant de finalement l'appuyer. «Le Québec n'a pas besoin de la Chambre des communes pour prendre en main sa destinée», a dit le lieutenant québécois du PLC, Marc Garneau.

Quant au ministre de l'Immigration, Jason Kenney, il s'est contenté de dire qu'il était primordial que les immigrants qui arrivent au Canada apprennent une des deux langues officielles, prioritairement le français au Québec.

Le NPD espère maintenant qu'une telle motion unanime d'Ottawa donnera des munitions à Québec pour sa réplique au jugement de la Cour suprême et fera davantage réfléchir le plus haut tribunal du pays lorsqu'il aura à nouveau à se pencher sur des questions d'ordre linguistique touchant le Québec. Une telle motion n'a toutefois pas force de loi.