Le parti libéral a confirmé samedi que ses députés n'appuieront pas le gouvernement conservateur si une motion de confiance est présentée vendredi à la Chambre des communes. Le Nouveau parti démocratique et le Bloc québécois refusent quant à eux de dévoiler leurs intentions.

Daphné Cameron LA PRESSE

Comme le révélait La Presse samedi matin, le gouvernement Harper entend mettre aux voix, vendredi, une motion de voies et moyens visant à mettre en oeuvre certains éléments du dernier budget, dont le crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire, selon des sources sûres.

Si les trois partis d'opposition décident de voter contre cette motion, les Canadiens devront se rendre aux urnes le 26 octobre.

«Il est temps de changer de gouvernement», a déclaré à La Presse le leader libéral à la Chambre de Communes, Ralph Goodale. «Nous n'avons plus confiance en M. Harper et avec une si longue liste de comportements inadmissibles, on ne peut pas faire semblant que tout va bien. Nous comprenons que les Canadiens ne veulent pas nécessairement entrer en élection, mais il vient un temps où le gouvernement se comporte si mal, qu'on ne peut pas, en toute bonne conscience, voter pour qu'ils continuent.»

M Goodale a nié que des alliances avec les deux autres formations d'opposition avaient été conclues.

«Il n'y a pas eu de consultations, de planifications ou de discussions de cette nature qui ont été portées à mon attention. Comme M. Ignatieff l'a dit, il revient à M. Layton et à M. Duceppe d'en venir à leurs propres conclusions.»

Le Bloc et le NPD refusent de se prononcer

Si les libéraux décident effectivement de voter contre la motion de confiance, le sort du Parlement semble donc reposer sur les épaules du Bloc québécois et du NPD.

Les porte-parole des deux partis d'opposition ont préféré ne pas commenter l'affaire avant de connaître la ou les mesures budgétaires proposées par le gouvernement conservateur.

«Pour l'instant, ce ne sont que des spéculations venant de sources anonymes», a affirmé l'attaché de presse principal de Jack Layton, Karl Bélanger. «Bien que les Conservateurs semblent tenir mordicus à déclencher des élections, nous espérons toujours que Stephen Harper décide de travailler avec les partis d'opposition afin d'aider les gens pendant cette crise économique.»

Selon La Presse Canadienne, Jack Layton se serait également très peu prononcé sur la question. Lors de l'ouverture d'une arcade dans le quartier chinois de Toronto samedi, il a toutefois affirmé que l'on s'attendait à ce que les partis politiques de la Chambre des communes travaillent ensemble pour le bien de la population, et plus particulièrement pour ceux qui éprouvent des difficultés.

«Tout va dépendre du contenu de la proposition», a ajouté de son côté l'attachée de presse de Gilles Duceppe, Karine Sauvé. «On va y aller enjeu par enjeu et examiner si c'est bon pour le Québec.»

Elle a ajouté que «logiquement» tous les députés du Bloc devront faire acte de présence tous les jours de la semaine prochaine au cas où un vote de confiance avait lieu. Mais elle a ajouté que le vote sur l'avis n'aurait pas nécessairement lieu le jour même, comme l'ont laissé entendre plusieurs médias.

Si des élections fédérales sont déclenchées, il s'agira du quatrième scrutin en cinq ans.