Le secrétaire général de l'OTAN, qui a récemment froissé les autorités canadiennes en demandant à Ottawa de prolonger sa mission de combat en Afghanistan, a annulé en douce une visite qui devait avoir lieu au cours des derniers jours à Ottawa.

Murray Brewster LA PRESSE CANADIENNE

La décision d'Anders Fogh Rasmussen de reporter des rencontres prévues avec le gouvernement conservateur survient au moment où le gouvernement américain intensifie la pression sur les Pays-Bas pour que le pays ne rapatrie pas ses troupes d'Afghanistan.

Des représentants de l'OTAN n'étaient pas disponibles jeudi pour commenter. Toutefois, des représentants canadiens ont précisé que l'annulation de la visite s'est produite à la dernière minute, après qu'un Challenger des Forces aériennes canadiennes fut chargé de récupérer le secrétaire général à Norfolk, en Virginie, où il participait à une cérémonie de passation de commandement.

La visite d'Anders Fogh Rasmussen à Ottawa avait été annoncée le 2 septembre lors d'un discours tenu au siège de l'OTAN à Bruxelles. A Norfolk, ce dernier a déploré la divergence sans cesse croissante des points de vue au sujet de l'Afghanistan dans les pays occidentaux.

«Le discours public au sujet des efforts en Afghanistan a commencé à se diriger dans la mauvaise direction», peut-on lire dans une copie de son allocution prévue le 9 septembre et qui a circulé avant cette date.

«Si nous en venons à nous retirer...très rapidement, il y aura des terroristes en Afghanistan qui attaqueront de l'Afghanistan ainsi qu'une profonde instabilité au Pakistan et en Asie centrale. Ce n'est tout simplement pas un avenir que nous pouvons envisager», a-t-il ajouté.

De telles remarques, précisément si elles étaient répétées à Ottawa, auraient été incendiaires dans le climat politique actuel, où l'avenir du gouvernement minoritaire conservateur ne tient qu'à un fil.

D'ailleurs, ses commentaires au sujet du prolongement de la mission du Canada en Afghanistan lui ont valu des répliques fermes des ministres du cabinet Harper, qui ont insisté sur le maintien de la date de juillet 2012 pour le retrait des troupes canadiennes.

Jeudi, des représentants du gouvernement canadien ont laissé savoir en privé que la décision d'annuler les rencontres, dont une qui était prévue avec le premier ministre Stephen Harper, était entièrement une décision du secrétaire général de l'OTAN et qu'Ottawa n'avait pas insisté pour qu'il se tienne à l'écart.

Selon eux, des changements de plans auraient peut-être quelque chose à voir avec la reprise des activités au Parlement la semaine prochaine et la possibilité de la tenue d'un scrutin fédéral.

Le représentant permanent des Etats-Unis auprès de l'OTAN, Ivo Daalder, a fait pression auprès des Pays-Bas il y a quelques jours pour que le pays garde en place ses troupes au-delà de 2010.

M. Daalder soutenait que les Etats-Unis avaient renforcé leur engagement dans ce pays et qu'aucune raison ne devrait empêcher les autres alliés à en faire autant.