Depuis que Michael Ignatieff a pris les commandes du Parti libéral, les militants estiment s'être débarrassés pour de bon du boulet que représentait le scandale des commandites.

Mis à jour le 22 mars 2009
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Ce scandale, qui a éclaté au grand jour en février 2004 après la publication d'un rapport accablant de la vérificatrice générale Sheila Fraser sur la gestion du programme des commandites, a fait perdre des plumes aux libéraux aux trois derniers scrutins.

Aux élections de 2004, les libéraux de Paul Martin n'ont pu faire mieux que former un gouvernement minoritaire. Aux élections de janvier 2006, tenues après la publication du rapport du juge John Gomery sur le scandale des commandites, les libéraux ont perdu le pouvoir au profit des conservateurs de Stephen Harper.

Dans son rapport, le juge Gomery avait conclu que l'aile québécoise du PLC avait profité d'un système de pots-de-vin bien huilé financé à même le programme de commandites, qui devait permettre de rehausser la présence du gouvernement canadien au Québec après le référendum de 1995. Sur la défensive après la publication de ce rapport dévastateur en novembre 2005, le Parti libéral avait été contraint de rembourser plus d'un million de dollars aux contribuables.

Mais trois ans après avoir été relégués sur les banquettes de l'opposition, les libéraux ne semblent plus hantés par ce scandale. Les militants québécois, réunis ce week-end en conseil général à Laval, entrevoient maintenant l'avenir avec optimisme, d'autant plus que le Parti libéral a vu ses appuis augmenter dans les sondages au cours des dernières semaines, en particulier au Québec.

«On ne me parle plus des commandites », a confirmé hier le député libéral d'Honoré-Mercier, Pablo Rodriguez, élu pour la première fois à la Chambre des communes en 2004, en pleine tourmente des commandites. «Les gens ont tourné la page sur cet épisode», a-t-il ajouté du même souffle.

Ministre du Patrimoine dans le gouvernement de Paul Martin avant de mordre la poussière aux élections de juin 2004, Hélène Scherrer a affirmé que l'arrivée de Michael Ignatieff a permis de refaire rapidement l'unité des troupes.

Auparavant déchirés entre les camps de John Turner et de Jean Chrétien dans les années 80 et de Jean Chrétien et de Paul Martin dans les années 90 et 2000, les libéraux ont rarement montré une telle unité autour de leur chef, selon Mme Scherrer, qui était députée de la région de Québec.

Retour au bercail

Cette unité retrouvée a convaincu plusieurs militants libéraux qui étaient demeurés discrets ou qui avaient voté pour le Parti conservateur en 2006 ou en 2008 de rentrer au bercail, a-t-elle affirmé.

Mme Scherrer, qui avait tenté de se faire réélire sans succès en 2006 et qui avait décidé de passer son tour en 2008, compte porter de nouveau les couleurs du Parti libéral aux prochaines élections, qui pourraient avoir lieu l'automne prochain ou au printemps 2010.

«Je reviens. C'est confirmé. Et je ne suis pas la seule qui revient au Parti libéral dans la région de Québec», a-t-elle révélé à La Presse hier.

Les quelque 400 militants libéraux sont réunis en fin de semaine afin de faire le point sur les préparatifs électoraux. Le lieutenant politique de Michael Ignatieff au Québec, le député Denis Coderre, a soutenu que les troupes libérales au Québec seront fin prêtes pour partir en campagne électorale dès que leur chef leur donnera le signal de départ et prendra les moyens pour renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper.