Au terme d'une tournée du Québec menée cette fin de semaine, le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Michael Ignatieff, est venu confirmer devant des militants, dimanche à Montréal, qu'en présence d'un gouvernement minoritaire à Ottawa, la perspective d'élections n'est jamais bien loin.

Mis à jour le 15 mars 2009
Marie Vastel LA PRESSE CANADIENNE

Accompagné de dix députés québécois, dont l'ancien chef Stéphane Dion, ainsi que d'autres élus, M. Ignatieff, qui prononçait un discours à l'occasion d'une activité de financement du parti, a appelé les partisans du PLC à l'aider à gagner les prochaines élections.

«On ne gagne pas des élections dans des banquets, mais en persuadant nos voisins, nos amis, nos concitoyens. La persuasion, c'est la clé en politique, a lancé M. Ignatieff. C'est à vous de construire la victoire avec moi.»

Devant 1300 militants, M. Ignatieff a critiqué ses adversaires, reprochant dans un premier temps au Bloc québécois de ne pas avoir de solution pour faire face à la crise économique. La souveraineté, a-t-il lancé, n'est pas une solution, mais de la science-fiction politique, une idée irréaliste.

Les conservateurs, de leur côté, préfèrent les mensonges, eux qui ont remporté le dernier scrutin en niant la situation économique, a ajouté le chef libéral.

«M. Dion disait la vérité. Nous sommes le parti politique de la vérité, même quand elle est triste, cruelle ou difficile, et nous allons dire la vérité aux Canadiens», a promis le chef libéral.

M. Ignatieff n'a toutefois fait aucune mention du Nouveau Parti démocratique de Jack Layton.

Le chef libéral a par ailleurs tenu à honorer le travail accompli par son prédécesseur, Stéphane Dion, tentant ainsi de taire les rumeurs de dissensions qui auraient déchiré le parti au moment du retrait de M. Dion à la tête du PLC.

«Il (M. Dion) a travaillé fort pour que nous soyons un parti uni, il a légué un parti uni. On veut faire le contraste net et direct entre une équipe avec un seul joueur, c'est-à-dire l'équipe des conservateurs, et nous, qui travaillons sans cesse en équipe. Parce qu'un gouvernement ce n'est pas un seul homme, c'est une équipe», a-t-il affirmé plus tard en point de presse.

M. Dion s'est pour sa part montré discret, reprenant simplement les mots de son nouveau chef.

«On est un parti uni, on est déterminés à gagner, on est inquiets des orientations que le gouvernement Harper donne à notre pays. On estime que c'est par l'unité qu'on va gagner, donc on est un parti très uni», a-t-il simplement indiqué.

Le lieutenant du PLC au Québec, Denis Coderre, a quant à lui affirmé que le parti est en mode pré-électoral. Il préfère parler d'«opération persuasion» du Québec, plutôt que d'opération séduction.

«Le gouvernement doit passer trois examens: au mois de mars, juin et décembre. Ce gouvernement-là (les conservateurs) est en probation. Ce qui veut dire que moi mon rôle comme lieutenant du Québec est de dire au chef si nous sommes prêts à aller en élections», a expliqué M. Coderre. Interrogé à savoir si certaines régions du Canada ne seraient pas prêtes, la réponse du député est catégorique: «Non».

Quand son chef donnera le signal, le PLC sera prêt, a martelé M. Coderre, tout en demeurant vague quant à la possibilité d'un déclenchement d'élections dans les prochains mois.

Le PLC se réunira la fin de semaine prochaine à l'occasion du conseil général du parti. Il y démontrera que sa structure pré-électorale est bien avancée, a garanti M. Coderre.