Agacés par la tournure qu'ont pris les débats en décembre autour de la possible chute du gouvernement Harper, 35 universitaires spécialisés en constitution signent une lettre pour mettre les points sur les i.

Lina Dib LA PRESSE CANADIENNE

Intitulée Le parlement est roi!, leur lettre explique qu'il est tout à fait légitime qu'un gouvernement minoritaire qui n'a plus la confiance de la Chambre soit remplacé par le gouvernement qui obtient cette confiance, sans passer par des élections. Ils ajoutent, qu'une fois cette confiance perdue, «la gouverneure générale n'est plus liée par les avis et conseils du premier ministre».

Les professeurs, issus de plusieurs universités canadiennes, rappellent qu'en situation de minorité, le gouvernement ne peut pas prétendre avoir «gagné» le droit de gouverner. Ils réfutent, ainsi, toutes les attaques contre la coalition formée par les libéraux et les néo-démocrates et appuyée par les bloquistes. Dans ces attaques, le mois dernier, les conservateurs accusaient les partis d'opposition de tenter un «coup d'État».

L'un des signataires de la lettre, le professeur Sébastien Grammond, doyen par interim à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa estime que «les conservateurs ont exploité» la mauvaise compréhension qu'ont les Canadiens de notre système politique «alors que ce n'est pas nécessairement le parti qui arrive le premier qui a le droit de gouverner, c'est celui qui réussit à obtenir la confiance de la Chambre».

Les universitaires sentent le besoin de faire leur sortie à ce moment, au cas où le budget de mardi ne serait pas appuyé par les partis d'opposition. La gouverneure générale devrait, d'après eux, à ce moment-là, confier à la coalition la responsabilité de gouverner le pays plutôt que de déclencher des élections, quoi que réclame Stephen Harper. Ils concèdent, néanmoins, qu'une chute du gouvernement à l'issue du budget de mardi semble de moins en moins probable.