Une équipe spéciale hautement spécialisée regroupant des commandos et des enquêteurs d'escouades des stupéfiants américains, britanniques et australiens a été mise en place au terrain d'aviation de Kandahar, en Afghanistan, avec le mandat de dépister et d'éliminer les trafiquants afghans, dont les profits alimentent la rébellion talibane.

Murray Brewster LA PRESSE CANADIENNE

De hauts responsables à Ottawa ont indiqué que cette équipe, dont les commandants américains à Kaboul croient qu'elle jouera un rôle crucial pour renverser la vapeur dans la guerre en Afghanistan, ne comptait aucun membre canadien, une situation jugée choquante par certains observateurs des milieux de la défense.

L'existence de la Force opérationnelle interarmées interinstitutions (FOII), dont les membres doivent s'attaquer aux réseaux de trafiquants associés à l'insurrection, empêcher les expéditions de drogue, détruire les laboratoires de préparation d'héroïne, de même qu'identifier et arrêter les protecteurs des trafiquants au sein du gouvernement afghan, a été révélée dans un récent rapport du comité du Sénat des Etats-Unis sur les relations extérieures.

Le fait que les Etats-Unis et l'OTAN visent les barons de la drogue est connu, mais Thomas Hammes, spécialiste de la lutte contre les insurgés, affirme que l'équipe, sa composition et ses méthodes sont nouvelles.

«Le gens ont réfléchi aux façons de régler ça, et pour la première fois, nous commençons à obtenir des ressources», a affirmé M. Hammes, colonel des marines américains à la retraite, depuis Washington.

Au moment de la publication du rapport, l'équipe, qui a le feu vert pour capturer ou tuer de présumés trafiquants de drogue, attendait une autorisation formelle de Washington et Londres, mais ses opérations sont déjà coordonnées de façon informelle grâce à ce qui a été qualifié de bonne volonté des militaires britanniques, américains et australiens.

Dan Dugas, porte-parole du ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a indiqué que la guerre naissante contre les trafiquants de guerre ne figurait pas au nombre des priorités d'Ottawa. Il a ajouté que le Canada préférait se concentrer sur la formation de l'Armée nationale afghane et des équipes de reconstruction provinciales.