Sept ans de guerre en Afghanistan ont sérieusement dégarni le parc de véhicules de l'Armée de terre canadienne. Certains types de véhicules affichent un taux de défaillance de plus de 70 %. Endommagés par des bombes, des routes accidentées ou des blindages trop lourds, ils finissent souvent dans un gigantesque cimetière de véhicules, situé près de la base militaire de Kandahar.

Isabelle Hachey LA PRESSE

«C'est presque une crise», a admis le lieutenant-général Andrew Leslie, le 9 mars, devant le comité sénatorial permanent de la défense. «Les taux de défaillance mécanique sont les plus élevés qu'il m'ait été donné de voir.»

 

«Le présent tempo opérationnel fait en sorte que nous utilisons notre équipement à pleine capacité», a ajouté le chef d'état-major de l'Armée de terre. «Cette situation est très sérieuse, car le nombre et les types d'équipements qui doivent être réparés et remplacés ne cessent d'augmenter à un rythme effréné et l'utilisation de cet équipement est beaucoup plus grande que ce qui avait été planifié lors de leur achat.»

Selon le major-général à la retraite Terry Liston, sur les 600 véhicules blindés légers (VBL3), plus de 200 sont hors d'usage, détruits par des bombes artisanales ou par une utilisation excessive. «Ces véhicules sont conçus pour rouler quelques milliers de kilomètres par an. Actuellement, ils parcourent de 40 000 à 50 000 km par an!»

«Mieux vaut endommager l'équipement que de perdre des vies», dit Colin Kenny, président du comité sénatorial de la défense. Il reconnaît que l'équipement se détériore très vite en Afghanistan, d'autant plus que «les routes sont encore pires là-bas qu'au centre-ville de Montréal au printemps!»

Les véhicules détruits en Afghanistan sont renouvelés en première vitesse par le Canada. Pour l'instant, ce sont donc les soldats en entraînement au pays qui souffrent de la pénurie de véhicules en bon état.

Le problème, c'est que l'Armée manque cruellement de mécaniciens spécialisés pour réparer les véhicules rapatriés au Canada. Selon le lieutenant-général Leslie, il en faudrait «quelques centaines» pour remettre le parc de véhicules en état de marche.