Les amateurs d'histoire qui devaient reconstituer l'affrontement entre Wolfe et Montcalm sur les plaines d'Abraham rendent les armes. Après avoir songé à recréer la célèbre bataille en Ontario ou aux États-Unis, ils ont finalement abandonné le projet.

Mis à jour le 22 mars 2009
Martin Croteau LA PRESSE

Horst Dresler, l'un des administrateurs du Corps historique du Québec, estime qu'il aurait été inopportun de reproduire la bataille légendaire ailleurs que dans la Vieille Capitale.

 

«Nous sentions qu'il n'y avait qu'un seul endroit pour reconstituer cette bataille, c'était sur les plaines d'Abraham, a-t-il expliqué lorsque La Presse l'a joint à son commerce de Woodstock, au Vermont. Nous n'aurions pas fait honneur à l'événement si nous l'avions reconstitué ailleurs.»

Il y a un mois, la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) a dû annuler la reconstitution de la bataille historique qui avait opposé les troupes françaises et britanniques le 13 septembre 1759. Elle a également annulé une série d'activités pour commémorer la Conquête, notamment un bal masqué.

Le président de la CCBN, André Juneau, avait alors indiqué qu'il craignait pour la sécurité des participants, car des groupes souverainistes avaient promis de la casse. Il a aussi reconnu avoir sous-estimé la «sensibilité» des Québécois face à la Conquête.

Près de 2100 bénévoles venus du Canada et des États-Unis devaient participer à la reconstitution sur les Plaines, cet été. Et 200 000 touristes comptaient y assister.

Après avoir travaillé pendant plusieurs années à cette activité, qui aurait été sa troisième bataille reconstituée à Québec, Horst Dresler s'est rabattu sur un plan B. Ses «reconstituteurs» prendront le chemin d'Ogdensburg, dans l'État de New York, afin de commémorer le 250e anniversaire de la guerre de Sept Ans.

«Nous allons faire une démonstration de la stratégie militaire de l'époque, mais ce n'est pas une reconstitution de la bataille des Plaines», a-t-il précisé.

Les organisateurs de l'activité ont d'ailleurs accueilli le Corps historique du Québec à la condition qu'il ne recrée pas l'affrontement.

La controverse au Québec est-elle à l'origine de cette condition? L'organisatrice des festivités d'Ogdensburg, Barbara O'Keefe, a longuement hésité avant de répondre: «Nous ne sommes pas les Plaines et nous n'avons pas l'intention de l'être. Ce sera une commémoration, pas une célébration.»

La guerre de Sept Ans, dont le point culminant en Amérique a été la bataille des Plaines, s'est soldée par la défaite des Français et par la cession de presque toute la Nouvelle-France aux Anglais.

À Montréal l'an prochain?

Même s'il se dit profondément déçu de ne pas pouvoir reconstituer la bataille à Québec, Horst Dresler, Québécois d'origine, n'exclut pas de recréer d'autres événements historiques dans la province. Il souhaite que ses troupes costumées prennent part à une cérémonie qui marquera le 250e anniversaire de la capitulation des Français à Montréal, qui a eu lieu le 8 septembre 1760.

«Ce ne serait pas une bataille simulée puisqu'il n'y a pas eu de bataille comme telle à Montréal, explique M. Dresler. Ce serait simplement une cérémonie.»