L'enquête préliminaire sur le cardiologue Guy Turcotte, accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants, a commencé lundi au palais de justice de Saint-Jérôme, un an presque jour pour jour après son arrestation.

Christiane Desjardins LA PRESSE

Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, ont été trouvés morts dans la matinée du samedi 21 février 2009, dans la résidence de Piedmont où leur père venait d'emménager après sa séparation d'avec sa femme, Isabelle Gaston. Tous deux étaient médecins à l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme, lui comme cardiologue, elle comme urgentologue. L'homme de 37 ans est accusé d'avoir tué ses enfants alors qu'il les avait sous sa garde pendant que la mère était partie skier dans la région de Charlevoix. Guy Turcotte a aussi attenté à sa propre vie.L'enquête préliminaire, qui est frappée d'une ordonnance de non-publication, vise à déterminer s'il y a assez de preuves pour intenter un procès contre l'accusé. L'exercice doit durer quatre jours cette semaine et se poursuivre pendant une journée le 25 mars.

Assis entre deux agents dans le box des accusés, vêtu d'une chemise sport brune et d'un pantalon noir, rasé de frais et les cheveux bien coupés, Turcotte avait lundi un air tantôt triste, tantôt neutre. Dès l'ouverture de la séance, son avocat, Me Pierre Poupart, a obtenu que l'on retire les menottes à son client afin qu'il puisse prendre des notes. On lui a remis un crayon et une tablette pour écrire.

La procureure de la Couronne, Claudia Carbonneau, a ensuite appelé son premier témoin, Marguerite Fournier, mère de l'accusé. Plutôt menue, la femme de 64 ans a témoigné avec un certain aplomb et beaucoup de dignité au sujet des rapports qu'elle a eus avec son fils avant les événements. À un certain moment, l'émotion a pris le dessus et la femme s'est mise à sangloter. Son fils pleurait discrètement dans le box lui aussi. Le juge a décrété une pause pour permettre au témoin de se ressaisir. Mme Fournier a pu terminer son témoignage par la suite.

Scène de crime

Un peu plus tard, le policier Daniel Fortin, technicien en scènes de crime à la Sûreté du Québec, s'est avancé à la barre. Photos à l'appui, il a expliqué le travail qu'il a réalisé dans la maison de Piedmont après la découverte des corps.

Le témoin suivant, Patrick Bigras, premier policier arrivé sur les lieux après l'appel au 911, a raconté comment les choses s'étaient présentées ce jour-là. La Couronne aurait en tout une dizaine de témoins, policiers et civils, à faire entendre. La mère des enfants est évidemment sur la liste.

Pendant les témoignages, Guy Turcotte gardait la tête baissée ou regardait fixement droit devant lui. Il semble avoir pris bien peu de notes. En revanche, plusieurs personnes dans la salle, manifestement des proches de l'accusé et peut-être aussi de la mère, écrivaient dans des calepins. L'enquête, présidée par le juge François Beaudoin, se poursuit ce matin.

 

Photo: archives, La Presse

Olivier et Anne-Sophie Turcotte