Gabrielle Dionne, 17 ans, n'est finalement jamais sortie du coma dans lequel elle était plongée depuis une semaine, après être tombée d'une voiture en marche. La jeune Drummondvilloise est officiellement morte vendredi soir dernier.

Mis à jour le 4 août 2009
Karim Benessaieh LA PRESSE

Au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, l'adolescente avait subi une longue intervention au crâne et a été victime d'un arrêt cardiaque dans la journée de vendredi. Les médecins avaient également découvert une fracture à la colonne vertébrale qui l'aurait laissée paralysée. En désespoir de cause, la famille a pris la décision de débrancher Gabrielle des appareils qui la maintenaient en vie artificiellement, selon le quotidien La Tribune - une information que l'hôpital a refusé de confirmer.

Jusqu'ici inconnu au Québec, le phénomène du car surfing aura donc fait deux victimes en moins d'un mois. Le 5 juillet, un homme de 38 ans, Kevin Ducharme, de Dollard-des-Ormeaux, est mort dans des circonstances similaires.

Selon l'enquête de la Sûreté du Québec, six jeunes filles de 17 et 18 ans faisaient partie de l'expédition fatale la semaine dernière, dans la nuit de lundi à mardi. Deux d'entre elles étaient à l'intérieur du véhicule, deux se trouvaient sur le toit et les deux autres, dont Gabrielle, se tenaient debout sur le coffre. Vers minuit et demi, au coin des rues Jogues et Saint-Rodolphe, dans le quartier Saint-Simon, à Drummondville, Gabrielle a perdu pied et est tombée tête première sur la chaussée.

«Énergique, dynamique, souriante et espiègle»

La mort de Gabrielle a provoqué une onde de choc parmi les jeunes qu'elle a côtoyés. À l'angle des rues Jogues et Saint-Rodolphe, quelques amis ont dressé un modeste autel, une croix entourée de fleurs, sur la pelouse d'une résidence. La date de sa mort a également été inscrite sur la chaussée.

Un groupe Facebook lancé à l'annonce de sa mort a attiré quelque 300 membres en 48 heures, dont des dizaines d'amis et connaissances qui tenaient à rendre hommage à cette jeune fille souriante et énergique.

«Je te le dis, Gaby, le soleil vient de perdre un de ses rayons mais le paradis, lui, doit avoir retrouvé un peu de lumière grâce à toi», écrit Amélie Filion. «Je dois t'avouer que t'es une fille si drôle, dit Samy-Jo Lefebvre. Je n'oublierai jamais toute l'énergie positive que tu dégageais! C'est fou comme avec toi, le rire est au programme. Et au bal, t'étais radieuse! Vraiment, t'étais très belle à voir.»

Kathleen Brault, qui se présente comme une cousine par alliance et ancienne gardienne de Gabrielle, se souvient de cette jeune fille «énergique, dynamique, souriante et espiègle». «Que de belles journées passées en ta présence. Certes épuisantes, car te garder n'était pas de tout repos. Bref, tu étais un boute-en-train. J'ai beaucoup de mal à accepter ce qui t'arrive... Sache que tu resteras toujours gravée dans nos mémoires. »

Quelques internautes ont tenu à profiter de l'occasion pour mettre en garde les jeunes en quête de sensations fortes qui seraient tentés d'imiter l'adolescente. «Je suis une mère de famille, j'ai un fils de 18 ans, témoigne Chantal Jean-François, d'Ottawa. Je souhaite que ton décès ne soit pas vain et qu'il serve à apporter plus de maturité aux jeunes d'aujourd'hui. Dans votre deuil, n'oubliez pas Jessyca qui a besoin de votre support. Ne la jugez pas, mais aidez-la.»

Jessyca Gautlundi est la jeune fille de 18 ans qui était au volant de la voiture sur laquelle Gabrielle faisait du car surfing. La Sûreté du Québec a confirmé lundi que les accusations qui pèsent déjà contre elle pourraient s'aggraver. Elle s'expose à une inculpation de conduite dangereuse ayant causé la mort, ce qui peut entraîner la prison à vie.

«C'est une décision qui revient au procureur de la Couronne, et je n'ai pas encore eu la confirmation que l'accusation a été changée», dit Éloïse Cossette, de la Sûreté du Québec en Mauricie-Centre-du-Québec. Jessyca Gautlundi doit revenir en cour le 14 août prochain.

Mme Cossette rappelle qu'une activité dangereuse comme le car surfing est explicitement illégale. «Aujourd'hui, quelqu'un a perdu la vie. Il y a beaucoup de proches et d'amis touchés par un deuil, et une jeune fille qui s'expose à des conséquences judiciaires.»