Une infirmière a été atteinte par balle hier dans une résidence pour personnes âgées de l'arrondissement Saint-Léonard, à Montréal. C'est un des résidants de l'endroit, cloué dans un fauteuil roulant motorisé, qui a ouvert le feu sur l'employée à l'aide d'une arme de chasse.

Mis à jour le 15 juill. 2009
Hugo Meunier LA PRESSE

L'incident est survenu vers 14h30 au complexe Les Jardins de l'Aubade, situé sur la Place Beaubien. Selon une préposée aux bénéficiaires interrogée sur place hier après-midi, le suspect, âgé de 84 ans, aurait fait feu parce que l'infirmière voulait l'envoyer à l'hôpital.

«C'est pas la première fois qu'il la menaçait. Il avait une longue arme de chasse et il l'a traîné avec lui dans son fauteuil roulant électrique», a expliqué Diane Blanchard, qui se trouvait près d'un bureau réservé aux employés, où l'incident est survenu.

«J'ai entendu un coup de feu et une femme crier. J'ai pensé qu'il y avait une explosion», a ajouté Mme Blanchard, qui connaît bien la victime.

L'infirmière, âgée dans la mi-trentaine, a été blessée au niveau du thorax. «Elle était consciente à l'arrivée des ambulanciers», a indiqué Benoit Garneau, superviseur chez Urgences-santé. En fin de soirée, hier, son état est jugé critique, mais stable. Sa vie n'était pas en danger.

De son côté, Roxane Giroux travaillait dans la cuisine lorsque la détonation a résonné, suivie d'un énorme fracas. «J'ai couru et j'ai vu un homme avec un fusil en fauteuil roulant. Le propriétaire a bondi pour le maîtriser. L'infirmière était étendue par terre et demandait à parler à ses enfants», a raconté la jeune serveuse, sous le choc, en train de griller une cigarette en compagnie d'une poignée d'employées.

Mme Giroux a apporté des chiffons pour les appliquer sur la plaie de la victime, en attendant l'arrivée des secours.

L'incident a provoqué une onde de choc chez les résidants du complexe ouvert il y a quatre ans, qui abrite environ 70 personnes âgées.

Plusieurs se demandaient pourquoi l'homme en fauteuil roulant avait en sa possession une arme de chasse. «Mon Dieu comment est-ce possible! Je connais l'infirmière qui est ici depuis l'ouverture du foyer, elle fait toujours le maximum pour les personnes âgées», s'est exclamé Manuel Senra. «On n'est plus en sécurité nulle part», a pour sa part laissé tomber Cécile Vinette.

Plusieurs résidants étaient accoudés à leur balcon pour observer le branle-bas policier. Même chose pour les locataires du Chez-nous des artistes, le bâtiment voisin.

Plusieurs voitures de police grouillaient sur place et un cordon de sécurité a été déroulé devant l'entrée principale de la résidence.

Quant à l'auteur de cette tentative de meurtre, il a été conduit en détention pour y être interrogé par les policiers du Service de police de la ville de Montréal. L'octogénaire sera soumis à une évaluation psychiatrique.

«L'enquête va révéler pourquoi l'homme était en possession d'une arme à feu», a souligné l'agent Raphaël Bergeron, du SPVM. On ignore si l'arme longue, qui appartenait depuis longtemps à l'octogénaire, était dûment enregistrée.