Kevin Ducharme, qui s'était gravement blessé en tombant du toit de son véhicule la semaine dernière, est mort à l'hôpital, en fin de semaine. Il s'agirait du premier accident imputable au car surfing qui a été répertorié au Québec.

Mis à jour le 6 juill. 2009
Christiane Desjardins LA PRESSE

Le car surfing consiste à se tenir sur le toit ou le capot d'un véhicule en marche. Selon des témoins, c'est ce que Ducharme, 38 ans, faisait en plein milieu de la nuit, lundi dernier, à Dollard-des-Ormeaux. C'est un ami, Tommy Palliser, 33 ans, qui conduisait. Mais voilà, en démarrant après un arrêt à un feu rouge, à l'angle du boulevard Saint-Jean et de la rue Ernest, Ducharme a chuté sur la chaussée. Palliser a poursuivi sa route, apparemment sans se rendre compte que l'autre était tombé. Il a été arrêté plusieurs heures plus tard, et a été accusé de conduite dangereuse et négligence criminelle ayant causé des lésions, ainsi que de délit de fuite.

Maintenant que la victime est décédée, les accusations contre Palliser vont sûrement s'alourdir. Son avocat, Me Gérald LaHaye, a confirmé que Ducharme est mort vers 16h, dimanche, mais il ne pouvait rien dire de plus pour le moment. Son client, qui est agent d'affaires pour le gouvernement de Kativik, a obtenu sa liberté sous cautionnement jeudi dernier, et il est retourné à Inukjuak, le lendemain.

Un membre de la famille de la victime, Tom Mesher, croit impossible que le conducteur n'ait pas réalisé que Ducharme était tombé. «Bien voyons donc. Ce n'est pas croyable», a-t-il lancé, en faisant allusion à une trop grande consommation d'alcool. De fait, des témoins ont affirmé que Ducharme semblait en état d'ébriété très avancé lors du drame. En ce qui concerne Palliser, comme il a été arrêté le lendemain, il était trop tard pour lui faire passer un test d'ivressomètre.

«C'est une autre journée dans la vie d'un Inuit du Grand-Nord. Là-bas, c'est une pratique courante de se tenir debout sur des véhicules», est d'avis Tom Mesher.

Aux États-Unis, le car surfing a causé de nombreux décès. Les adeptes de cette pratique évidemment interdite et hautement dangereuse propagent souvent leurs «exploits» par le biais du web.