Une cinquantaine de manifestants ont protesté, hier soir, à l'hôtel de ville de Montréal contre la volonté de la police (SPVM) de faire interdire les cagoules et les autres façons de se masquer le visage lors de manifestations.

Mis à jour le 27 janv. 2009
Éric Clément LA PRESSE

Le comité d'étude Le Gros Bon Sens, formé d'étudiants et de militants, a fait savoir que l'idée de la police est «absurde» et il n'écarte pas de contester ce règlement devant les tribunaux, si le conseil municipal l'adopte prochainement. «C'est une atteinte au droit de manifester, a dit Hugues de Bellefeuille, porte-parole du comité. Porter un masque est une mesure défensive, car la police pratique le profilage et des gens, pour toutes sortes de raisons, ne veulent pas être reconnus par la police.»

Paul Chablo, porte-parole de la police, a dit de son côté que «la police ne fait pas beaucoup de profilage» avant de se reprendre et de dire que le SPVM ne fait «aucune forme de profilage». Il a ajouté que les manifestants pourront porter des masques «quand il fait -30 ou quand ce sont des manifestations politiques», mais pas quand «le niveau de violence est potentiel».

Des femmes musulmanes voilées devront-elles ôter leurs voiles si une manifestation délicate sur le conflit au Proche-Orient se déroule au centre-ville en présence de contre-manifestants? M. Chablo a dit que le règlement, s'il est adopté, sera appliqué «selon le gros bon sens» mais il n'a pas précisé ce qu'il entendait par là.

Par contre, le président du comité exécutif, Claude Dauphin, a dit que s'il le faut, un policier pourrait demander à une manifestante voilée de s'identifier en retirant son voile.

Ce sujet n'a pas été abordé lors du conseil si ce n'est pour déposer un avis de motion sur le sujet. Le projet de règlement va être étudié par un «comité de travail formé par le SPVM».

Le parti Projet Montréal a déjà fait savoir sa totale désapprobation de cette proposition faite par la police. Quant à Vision Montréal, la conseillère Anie Samson a dit à La Presse, hier, que son parti «ne s'est pas fait d'idée sur le sujet», mais prendra position le mois prochain, après que le SPVM lui aura présenté ses arguments sur les raisons pour lesquelles il y aurait lieu d'adopter un tel règlement.

Poêles à bois, trottoirs, transport

Par ailleurs, des citoyens sont venus réclamer l'adoption d'un règlement sur la disparition des poêles à bois dans l'île de Montréal.

Venu en fauteuil roulant, Joseph Moreau a protesté contre la façon dont sont nettoyés les trottoirs cet hiver, invitant le maire de Montréal à vivre «une journée en fauteuil roulant» pour réaliser ce qu'endurent les personnes handicapées quand les trottoirs sont mal nettoyés.

Le conseiller Michel Labrecque, nouvellement nommé président de la Société de transport de Montréal, a dit que sa priorité sera d'améliorer le service public de transports collectifs afin qu'il soit «plus rapide, plus confortable et plus pratique».

Gîtes touristiques

Des propriétaires de petites résidences touristiques ont aussi manifesté contre les taxes «sans préavis» dont ils font l'objet de façon «démesurée, en ne prenant aucun compte de notre précarité économique», a dit une citoyenne, qui a expliqué que ces gîtes ne sont pas concurrents des hôtels et qu'ils «font partie de l'âme de Montréal».

Le maire Gérald Tremblay a répondu qu'il va rencontrer ces propriétaires «dans les plus brefs délais».

Pour joindre notre journaliste: eric.clement@lapresse.ca