Même l'abbé Gaétan Thibeault n'a pu retenir ses larmes quand il a vu les trois petits cercueils blancs entrer dans la cathédrale de Chicoutimi.

Mis à jour le 12 janv. 2009
Émilie Côté LA PRESSE

Tous étaient réunis «devant le drame et le mystère que vous voyez comme moi de vos yeux», a-t-il dit aux centaines de personnes qui assistaient aux funérailles de Marc Laliberté et de ses enfants Joëlle, 12 ans, Marc-Ange, 7 ans, et Louis-Philippe, 4 ans.

«Seigneur, tu nous vois déchirés et abattus. Nous ne comprenons pas. La brutalité de ces morts ajoute à notre peine», a dit le curé.

Le prêtre a parlé de comprendre «un peu» ce qui est arrivé le soir du Nouvel An. Tous et chacun essaient de trouver une explication, a-t-il souligné.

Selon les policiers, Marc Laliberté a conclu un pacte de suicide avec sa femme, Cathie Gauthier. L'homme et ses trois enfants sont morts. La mère, qui a survécu, est maintenant accusée du meurtre de ses enfants et d'avoir aidé son mari à se suicider.

Samedi, la femme de 36 ans n'a pas assisté aux funérailles. Elle est restée à l'hôpital, où elle soigne une grave blessure au poignet.

L'abbé Gaétan Thibeault a évoqué les «circonstances tragiques» du drame. Il a invité la foule à ne pas porter de jugement. Il a souhaité à Marc Laliberté «que la Miséricorde lui donne la paix qu'il a cherchée et la lumière qu'il a perdue». Aux proches des défunts, il a souhaité qu'ils trouvent la sérénité.

La cérémonie a été poignante mais sobre. Aucun membre de la famille n'a pris parole. Seul l'enseignant du petit Marc-Ange s'est exprimé: «À toi, mon petit Marc-Ange, je te fais une belle caresse. Tu seras l'étincelle dans mon coeur qui brûlera à tout jamais.»

Après l'eucharistie, le père de Cathie Gauthier et le frère de Marc Laliberté ont échangé une chaleureuse poignée de main. Les deux hommes sanglotaient quand ils ont escorté les trois cercueils des enfants et l'urne du père à la sortie de l'église.

La scène était déchirante, tout comme la peine qui se voyait sur les visages à la maison funéraire Gravel & Fils, où étaient exposés les défunts avant la messe.

Dans leur cercueil, les enfants avaient l'air de petits anges endormis profondément. Louis-Philippe, 4 ans, portait une chemise bleue et une cravate jaune. Une poupée veillait sur Joëlle alors qu'un tableau de dessins et de messages rendait hommage à son frère Marc-Ange.

«Après avoir été la joie de leur famille, ils en seront les anges gardiens. Ne pleurez pas, nous allons vous attendre au ciel, la famille s'y reformera et les larmes seront séchées», pouvait-on lire au verso du signet remis en souvenir aux visiteurs.

Mais comme l'a souligné un ami de la famille, les funérailles de Marc Laliberté et de ses trois enfants ne représentent pas pour leurs proches la «dernière étape» de leur deuil. Ils seront replongés au coeur du drame durant le procès de Cathie Gauthier.

Le petit Louis-Philippe, 4 ans, porte une chemise bleue et une cravate jaune. Une poupée veille sur Joëlle, 12 ans, alors qu'un tableau de dessins et de messages rend hommage à Marc-Ange, 7 ans.Le soir du Nouvel An, rappelons que Marc Laliberté est mort, de même que ses trois enfants. La mère, Cathie Gauthier, a survécu à ses blessures, alertant les policiers en état de détresse. Selon les enquêteurs de la Sûreté du Québec, les parents ont conclu un pacte de suicide.

Cathie Gauthier est accusée du meurtre de ses trois enfants et d'avoir aidé son mari à se suicider. Soignée à l'hôpital, elle n'a pas assisté à la cérémonie cet après-midi.

Photo: François Roy, La Presse

Des signets remis au salon funéraire où on retrouve les enfants Joëlle, Marc-Ange et Louis-Philippe Laliberté.