Louise Beaudoin risque fort de revenir au PQ peu après Pâques pour y terminer sa carrière politique. La députée indépendante de Rosemont lance une consultation en ligne auprès de ses électeurs sur divers sujets, dont son possible retour au PQ.

Publié le 27 févr. 2012
Paul Journet LA PRESSE

Cette consultation sera suivie d'une assemblée dans sa circonscription le 2 avril. «Je vais faire une annonce vers Pâques», confirme-t-elle.

Bien qu'elle initie elle-même cette consultation, elle refuse de dire ouvertement vouloir retourner au PQ. «Je suis ambivalente. Je suis bien comme indépendante», explique-t-elle. Le travail d'indépendant a un «côté ludique», avoue-t-elle, qui lui permet de parler ponctuellement de dossiers qu'elle connaît moins, comme l'amiante ou le Code du travail.

Elle concède que sa consultation n'a rien de scientifique. Elle s'en servira néanmoins pour «trancher» et donner une «légitimité démocratique» à son choix.

Elle raconte que c'est Pauline Marois qui a fait les premiers pas. La chef l'a contactée en décembre pour qu'elle revienne au PQ. C'était lorsque le leadership de Mme Marois était contesté.

«Avant de décider, je voulais attendre le conseil national (à la fin janvier)», affirme-t-elle. La chef Pauline Marois y avait finalement accepté les référendums d'initiative populaire. Ce changement, tout comme l'avènement du vote libre, ont séduit Mme Beaudoin.

Peu avant ce conseil, Mme Beaudoin avait toutefois assuré Gilles Duceppe de son appui pour son putsch.

Le rapport de force a changé depuis. Mme Beaudoin insiste que les récents sondages très positifs pour le PQ n'influencent pas sa décision. «Ça ne change rien pour moi, car je le répète, je ne solliciterai pas un nouveau mandat.»

Si elle songe à perdre sa liberté d'indépendante, ce serait plutôt à cause des changements apportés au conseil national, et aussi pour renouer avec le parti qui représente les deux idées maitresses de sa carrière politique, «l'indépendance et la social-démocratie». Et aussi pour ne pas terminer sa carrière dans l'acrimonie. Elle travaille au PQ depuis 1976.

Bernard Drainville et Alexandre Cloutier, deux amis dans le caucus péquiste, essaient aussi de la convaincre de revenir au bercail. «Louise, tu as une place importante dans l'histoire du PQ et dans le coeur des indépendantistes... Pour faire l'indépendance du Qc, nous devons nous unir au sein du PQ. Je souhaite que les gens de Rosemont le voient ainsi », lui a-t-il lancé cet après-midi sur Twitter.