Sous le coup d'accusations criminelles, l'ex-ministre et député de Lafontaine, Tony Tomassi, n'a pas pour autant renoncé à la politique. Il pourrait se porter candidat aux prochaines élections et souhaiterait, le cas échéant, porter les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ), selon son père.

Publié le 20 févr. 2012
Jocelyne Richer LA PRESSE CANADIENNE

«Il ne pourrait pas se représenter autrement que libéral, ou bien indépendant libéral», a assuré ce dernier, Donato Tomassi, en entrevue téléphonique à La Presse Canadienne.

Le père du député de Lafontaine a été collecteur de fonds pour le PLQ et organisateur électoral à Montréal pendant une trentaine d'années.

«J'ai ramassé des millions» de dollars pour le Parti libéral, commente-t-il pour illustrer son attachement au parti et son engagement.

«Je suis un gros renard politique!» ajoute celui qui ne voit aucun problème au fait que son fils député, qu'il avait vu la veille de l'entretien, soit sous le coup de trois accusations criminelles de fraude envers le gouvernement et d'abus de confiance.

Tony Tomassi siège à titre de député indépendant depuis qu'il a été chassé du conseil des ministres et du caucus libéral par le premier ministre Jean Charest en mai 2010. Élu député libéral en 2003, 2007 et 2008, il a été ministre de la Famille de décembre 2008 à mai 2010.

Ce dernier n'a pratiquement jamais remis les pieds au parlement depuis son éviction du caucus libéral, et il refuse toutes les demandes d'entrevues depuis bientôt deux ans. Ce fut encore le cas lundi. Il ne s'est jamais ouvert publiquement, non plus, sur ses intentions quant à une possible candidature aux prochaines élections.

De son côté, le parti libéral n'a toujours pas statué sur ce qu'il entend faire dans Lafontaine en prévision du prochain scrutin. La direction du parti n'a voulu faire aucun commentaire sur la suite des choses lundi, pas même pour exclure d'emblée une candidature de Tony Tomassi.

Techniquement, Donato Tomassi fait valoir que son fils est innocent jusqu'à preuve du contraire et qu'il peut donc poursuivre sa carrière politique.

«Il peut se représenter sans aucun problème. Il a été accusé, mais il n'est pas reconnu coupable. Les lois qu'on a, tant que t'es pas coupable, t'es pas coupable», fait-il valoir.

Effectivement, rien dans la loi électorale n'empêche un député aux prises avec des accusations criminelles de se porter candidat.

Donato Tomassi minimise d'ailleurs la portée des faits reprochés au député et ex-ministre. «Tout le monde était contre lui pour des petites erreurs», selon lui.

La véritable raison de sa déchéance politique tiendrait plutôt à ses origines: «Tomassi est italien, c'est ça l'affaire», estime-t-il.

Il ajoute à ce propos: «Si vous mettez la police derrière tous les politiciens au monde, tous ils vont être arrêtés.»

Tony Tomassi a avoué au premier ministre Charest avoir utilisé à des fins personnelles une carte de crédit Petro-Canada fournie par l'agence de sécurité BCIA, entre 2007 et 2010. Chaque chef d'accusation est passible d'une peine de cinq ans d'emprisonnement.

Il doit se présenter en cour le 6 mars, au Palais de justice de Québec, pour répondre des accusations qui pèsent contre lui.

Libéral depuis des décennies, Donato Tomassi dit qu'il n'en veut pas au premier ministre Charest, «un grand politicien», mais il espère malgré tout que son parti sera défait aux prochaines élections. «Je pense que le parti libéral a fait son temps», dit-il, ajoutant qu'il s'était entretenu avec le premier ministre, l'an passé, pour lui conseiller de ne pas déclencher d'élections avant avril 2013, le contexte politique étant trop difficile.

Aujourd'hui, Donato Tomassi ne s'occupe plus d'organisation électorale ou de campagne de financement. Mais il demeure un fidèle contributeur à la caisse libérale, ayant donné au parti 7350 $ entre 2007 et 2010.

Son fils Tony a versé 4750 $ en dons au PLQ, au total, entre 2007 et 2009, mais il n'a pas versé un sou au parti en 2010.