Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, compte sur le poids de l'opinion publique afin que sa formation soit reconnue à l'Assemblée nationale.

Mis à jour le 26 janv. 2012
Denis Lessard LA PRESSE

Outre trois ex-péquistes, six des sept députés élus en 2008 sous la bannière de l'ADQ se sont joints à la CAQ. «On ne trouverait pas normal de ne pas avoir la reconnaissance qui avait été accordée à l'époque», a observé M. Legault, mercredi, en marge du premier caucus de ses neuf députés.

La CAQ ne veut pas parler de budget avant d'avoir obtenu des assurances sur son droit de parole en Chambre. «Cela fait des mois que M. Charest et Mme Marois me demandent de créer un parti. Ce serait le "boutte du boutte" qu'ils n'acceptent pas de le reconnaître!», a lancé l'ancien ministre péquiste.

Pression de l'opinion publique

Officiellement, c'est le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, qui a le pouvoir de reconnaître ou non les neuf députés. Cette reconnaissance nécessite l'approbation des chefs des deux principaux partis.

S'ils s'y opposent, ils devront subir la pression de l'opinion publique, prédit M. Legault.

La réunion des députés caquistes semblait un peu surréaliste, avec François Rebello, clairement de gauche, assis aux côtés du très conservateur Gérard Deltell. M. Rebello a fait un point de presse avec l'adéquiste Sylvie Roy en fin de journée.

Après avoir soutenu que la CAQ aiderait le Québec à devenir indépendant, M. Rebello a prudemment évité toute allusion à la souveraineté. «Je me suis expliqué au moment de l'annonce de ma décision, je considère maintenant qu'on doit mettre l'énergie sur les priorités des Québécois: la croissance économique, l'emploi, la santé et l'éducation», a-t-il soutenu.

Pour François Legault, la CAQ représente déjà la véritable opposition. «On voit que le gouvernement Charest est usé, mais il n'est pas trop challengé, a-t-il dit. Il est là depuis 10 ans et ça ne va pas bien en santé, en éducation. On a perdu

70 000 emplois en trois mois, et la réponse du gouvernement a été de dire: on va consulter trois comités de vigie.»

Il dit espérer - sans grande conviction - que des députés libéraux se rallieront à son parti.

La CAQ entend demander officiellement de pouvoir intervenir à chaque période de questions. C'est ce qui avait été accordé aux sept adéquistes élus en 2008. Après le départ de Mario Dumont, d'Éric Caire et de Marc Picard, ces interventions avaient été réduites à cinq en sept séances.

Mercredi, Gérard Deltell ne voulait pas ramener le débat à une question de budget de recherche - à la fin, l'ADQ, avec quatre députés, pouvait compter sur un budget de 700 000$. Considérés comme députés indépendants, les neuf «caquistes» auraient droit à seulement 22 700$ par élu.

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Qui s'occupera de quoi?

> Gérard Deltell sera chef de l'aile parlementaire et responsable des dossiers de l'énergie - il avait pris position pour l'exploitation du gaz de schiste.

> Sylvie Roy sera leader parlementaire (ce qu'elle était dans l'ADQ) et s'occupera des questions de justice et de sécurité publique.

> L'ex-péquiste Benoît Charrette présidera le caucus, comme l'a indiqué La Presse hier. Il sera aussi critique en matière de culture.

> François Bonnardel sera aux finances, mais l'ancien adéquiste ne sera pas responsable du dossier de la Caisse de dépôt (la CAQ veut en faire un outil d'intervention gouvernementale).

> C'est François Rebello qui s'occupera du dossier de la CDPQ. Il sera aussi critique en matière d'environnement et de développement économique.

> Éric Caire, l'un des plus chauds partisans de l'abolition

des commissions scolaires,

s'occupera d'éducation.

> Le Beauceron Janvier Grondin sera responsable de l'agriculture,

et Marc Picard, de l'administration publique.

> L'ex-péquiste Daniel Ratthé conservera les affaires municipales, comme lorsqu'il était au PQ.

Il s'occupera aussi des dossiers

de l'emploi et de la famille.

> L'ex-chef de cabinet de M. Legault alors qu'il était au PQ, Nathalie Verge, devient directrice des communications du nouveau parti.