Le Parti libéral du Québec (PLQ) reprend un thème exploité par François Legault. Il propose lui aussi d'évaluer la performance des écoles et de leur accorder davantage d'autonomie.

Mis à jour le 24 sept. 2011
Tommy Chouinard LA PRESSE

Le président du PLQ, Marc Tanguay, a dévoilé hier le document d'orientation qui sera soumis à l'approbation des membres au congrès d'octobre. Intitulé Canaliser les énergies du Québec, il comprend 76 résolutions en matière d'éducation, de santé et d'économie entre autres.

Pour le PLQ, «il est nécessaire d'évaluer les performances des étudiants et des écoles pour viser la réussite et l'excellence». Il propose que tous les élèves des niveaux primaire et secondaire passent chaque année une épreuve ministérielle unique en français et en mathématiques. Les écoles seraient comparées en fonction des résultats, «après pondération des facteurs socioéconomiques» pour ne pas pénaliser celles qui se trouvent dans des quartiers pauvres. Les écoles les plus performantes seraient récompensées dans l'octroi des budgets.

Le président du groupe de travail sur l'éducation, Simon-Pierre Diamond, a précisé en conférence de presse que les établissements dont les élèves ont les plus faibles résultats auraient droit eux aussi à des «budgets supplémentaires» pour améliorer leur sort. Il a ensuite corrigé le tir. «Si à un endroit, on constate qu'il y a un grave manque de psychoéducateurs, il pourrait y avoir plus de psychoéducateurs dans cette région. Et il y aurait diminution d'un autre service. On ne parle pas nécessairement de bonus à ce moment-là», a-t-il affirmé.

Dans son document sur l'éducation rendu public en février, la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) de François Legault propose aussi d'évaluer la performance des écoles grâce à des examens annuels dans les «matières de base».

Le PLQ écarte toutefois l'idée lancée par François Legault d'évaluer les compétences des enseignants deux fois par année. En contrepartie, la CAQ propose d'augmenter le salaire des enseignants de 20% en moyenne.

Le PLQ suggère différentes mesures en vue d'«accorder plus d'autonomie aux écoles». Il veut réduire les responsabilités des commissions scolaires sans toutefois les abolir comme le propose la CAQ.M. Legault confierait une partie de leurs mandats à des directions régionales du ministère de l'Éducation. «On souhaite un transfert des compétences vers les directions d'école», a résumé M. Diamond, objectif que défend aussi M. Legault.

Le PLQ entend couper de moitié le budget des commissions scolaires. Il calcule que les économies récurrentes s'élèveraient à 300 millions par année à terme. La CAQ parle plutôt d'économies de 280 millions.

«François Legault ne nous a pas vraiment inspirés», s'est défendu Simon-Pierre Diamond, ex-député de l'ADQ. «Ce qui nous a inspirés, ce sont les militants qu'on a consultés.» Marc Tanguay a ajouté: «Des centaines de militants nous ont aidés à cibler les défis du Québec en 2011 et nous ont aidés à tester ces propositions qui seront bonifiées. Donc on dépasse largement l'influence de M. Legault.»

Le PLQ propose également, dans la première année d'un prochain mandat, de faire passer de 7$ à 10$ par jour les frais dans le réseau des garderies subventionnées. Le tarif serait ensuite indexé.

À propos des relations intergouvernementales, le PLQ veut que «le gouvernement continue d'explorer les voies non constitutionnelles d'avancement du Québec à l'intérieur du Canada», a expliqué l'ex-ministre Benoît Pelletier, responsable du groupe de travail sur le sujet. Seule exception: le PLQ veut que le Sénat devienne une «Chambre des provinces». Chacune ferait «entendre sa voix en fonction de ses besoins et objectifs propres».