Le Parti québécois soupçonne le gouvernement Charest de saboter délibérément les travaux de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qu'il a lui-même créée en février. Cette structure est devenue selon lui une «coquille vide».

Mis à jour le 14 sept. 2011
Tommy Chouinard LA PRESSE



La Presse révélait ce matin les trois quarts des enquêteurs et agents de renseignement de l'unité anticollusion de Jacques Duchesneau, au ministère des Transports, notamment d'ex-policiers spécialistes du crime organisé, ne pourront être intégrés à l'UPAC parce qu'ils ne sont pas des fonctionnaires. On a imposé aux membres de l'équipe de M. Duchesneau de passer un concours d'entrée dans la fonction publique pour poursuivre leur travail. Une dizaine de spécialistes, choqués et dépités, ont refusé.

Le député péquiste Stéphane Bergeron se demande si le concours d'entrée dans la fonction publique, cette «technicalité», «n'a pas été mise de l'avant justement pour empêcher que les choses puissent se faire correctement. Parce ces gens-là arrivaient à exercer leur mandat à l'intérieur du MTQ et, apparemment, ne peuvent pas le faire à l'Unité anticorruption. Donc, c'est éminemment préoccupant».

«La question se pose: est-ce que le gouvernement a mis en place pour la galerie quelque chose d'impressionnant, mais qu'au fond il n'avait pas vraiment l'intention de faire en sorte que cette structure puisse être véritablement opérationnelle. La question se pose par rapport au fait qu'on s'est organisé pour se mettre à dos les procureurs de la Couronne qui refusent d'en faire partie, on s'est organisé pour se mettre à dos les enquêteurs de la CCQ qui risquent de refuser d'en faire partie, et on a invoqué une technicalité qui a froissé des enquêteurs de police qui refusent également d'en faire partie», a-t-il ajouté à l'entrée d'une réunion du caucus péquiste ce matin.

Le porte-parole en matière de sécurité publique craint maintenant qu'il n'y ait non seulement aucune enquête publique sur l'industrie de la construction, mais également aucune enquête policière «digne de ce nom». «Plus le temps avance, plus nos craintes à l'effet que l'UPAC n'est qu'une coquille vide s'avèrent fondées», a-t-il dit.