Pour combattre «l'exaspération» des citoyens, il faut changer la culture au ministère des Transports, croit Pierre Moreau. Moins de 24 heures après avoir été nommé, le nouveau ministre annonce qu'il exigera plus de transparence.

Mis à jour le 8 sept. 2011
Paul Journet LA PRESSE

«On demande aux gens qui nous élisent de nous faire confiance. On doit aussi faire confiance aux gens. C'est une question de réciprocité. Et pour faire confiance aux gens, il faut les informer», a-t-il expliqué hier en Mauricie au caucus de présession du Parti libéral. «Si ça dérange les gens au ministère des Transports, c'est une mauvaise nouvelle, mais ils vont devoir s'accommoder de ça», a-t-il ajouté.

Son prédécesseur, Sam Hamad, aura passé moins d'une année aux Transports. Il refusait de rendre public les rapports d'inspection des ponts Mercier et Champlain. Ils étaient trop techniques pour les citoyens, justifiait-il. M. Moreau n'a pas encore eu le temps de consulter ces rapports depuis son assermentation mercredi. Mais il annonce qu'il veut renverser le fardeau de la preuve. À moins de prouver qu'un rapport contient une information sensible qui doit rester confidentielle, il faut le rendre public, explique-t-il.

«Un spécialiste (...) peut simplifier une chose complexe pour que les gens ordinaires comprennent. Et je pense qu'on a des spécialistes dans notre ministère. Alors ils feront leur travail.»

Le nouveau ministre a voulu lancer quelques fleurs à M. Hamad, qui aurait fait des « pas-de-géant » en contribuant au lancement de la radio AM Circulation 730, dit-il. Mais il a ajouté que beaucoup plus devait être fait.

À une récente conférence de presse sur le pont Mercier, des chroniqueurs de circulation déploraient qu'on n'ait pas transmis leurs suggestions aux fonctionnaires. «Les chroniqueurs de circulation, on va les asseoir avec les sous-ministres, dit M. Moreau. Je veux qu'ils disent exactement ce qu'ils pensent, quelles sont leurs suggestions.»

Charest contre le vote libre

Jean Charest brandit la menace de l'instabilité économique pour s'opposer au vote libre. «On vit dans un système où il y a une responsabilité collective. C'est ça, notre système politique à nous. Et quand je compare notre système à celui des Américains, je peux vous dire une chose, surtout dans le contexte économique actuel : je préfère de loin le système politique québécois», a-t-il expliqué hier.

Pendant ce temps à Québec, le député péquiste Sylvain Pagé dévoilait une série de propositions pour oxygéner la démocratie, dont le vote libre.

Sans surprise, les libéraux ont tous dit ne pas en vouloir. Malgré la ligne de parti, les débats existent chez les libéraux : ils se font librement à huis clos en caucus, avant l'adoption d'une position commune, a justifié leur leader parlementaire, Jean-Marc Fournier. «À la fin de la journée, si notre caucus n'est pas capable de convenir d'une position, comment peut-on regarder le Québec et dire : voici notre direction? Le premier test pour avoir une position qui passe la rampe pour les Québécois, c'est que nous nous entendions dans notre famille politique.»

M. Fournier n'a pas identifié une seule proposition de M. Pagé qu'il songe à appliquer. Selon lui, il ne faut pas changer les institutions. Il faut plutôt s'en remettre à l'initiative personnelle de chaque député. «Au-delà de toutes les propositions, il n'y a qu'un seul passage obligé pour avoir une démocratie meilleure: que nous nous respections comme individu.»

Legault conforme à la loi?

M. Fournier demande à François Legault de dévoiler clairement ses intentions et de former son parti politique. «Je considère que c'est déjà un parti politique. Il nous a annoncé qu'il serait aux prochaines élections», a-t-il lancé.

Le ministre de la Justice a même laissé entendre que M. Legault et sa Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) ne respectaient pas la loi électorale. «Je pense que je vais lui demander d'aller voir le Directeur général des élections lundi matin pour au moins respecter la loi», a-t-il lancé. Il n'a pas précisé en quoi la CAQ violerait la loi, et il n'a pas dit qu'il porterait plainte.

Il a attaqué la position constitutionnelle de M. Legault. L'ex-ministre péquiste ne veut pas parler de référendum durant environ 10 ans, soit la période qu'il consacrera à la politique.

M. Fournier l'accuse de ne pas être honnête. «On savait qu'il y avait les (souverainistes) pressés et les pas pressés. Maintenant, il y a le camp des muets. C'est un souverainiste muet», a-t-il raillé.

M. Fournier a confirmé que son gouvernement présenterait tel quel le controversé projet de loi 204, qui vise à protéger juridiquement l'entente de gestion entre Quebecor et la ville de Québec au sujet du nouveau Colisée.