Le bureau du premier ministre Jean Charest essaie d'influencer les sondages en ligne qui le concernent.

Mis à jour le 27 mai 2011
Paul Journet LA PRESSE

Ce matin, une adjointe aux communications du bureau de M. Charest a envoyé un courriel à une liste de contacts. Comme la liste est confidentielle, on ignore combien de personnes l'ont reçu. Le titre du courriel: «Faire suivre: Question Cyberpresse». Il portait la mention «urgent».

Il traite d'un sondage en ligne sur Cyberpresse depuis ce matin. Ce sondage traite du palmarès des urgences du Québec publié ce matin dans La Presse. L'attente n'a pas été réduite, constations-nous dans notre dossier.

Le sondage posait donc la question suivante aux internautes: Le ministre Yves Bolduc espère toujours réduire à 12 heures le temps d'attente dans les urgences. Y croyez-vous? Dans son court courriel, l'adjointe aux communications écrit: «Allez répondre S.V.P., le non domine ... Merci!»

Questionné à ce sujet ce matin, le premier ministre Charest a répondu: «Je ne sais pas de quoi vous parlez».

«C'était une initiative personnelle de la part de notre adjointe aux communications », a répondu plus tard son attaché de presse, Hugo D'Amours. Il ajoute que cette initiative « n'est pas répréhensible ».  «Au contraire, c'est une bonne chose d'inciter les gens à participer au débat public », justifie-t-il.

Pas une surprise

Le courriel ne surprend pas trop Jean-Pascal Beaupré, responsable des pages Forum à La Presse et Cyberpresse. Dans les derniers mois, il a observé à deux ou trois reprises des changements soudains et difficilement explicables dans les sondages qui concernaient le gouvernement Charest.  Normalement, après environ 1200 réponses, les résultats deviennent assez stables. Ils ne changent pas de plus que 1-2%. Mais à quelques occasions, les résultats ont changé très rapidement. En quelques heures, on enregistrait un nombre irrégulier de votes avec la même réponse, favorable au gouvernement. Il semblait y avoir une forme de noyautage.»

Le courriel envoyé ce matin par le bureau du premier ministre ne semble toutefois pas avoir eu beaucoup d'effet. Le sondage a été mis en ligne vers 7h30 ce matin. À 9h30, heure d'envoi du courriel de l'adjointe aux communications, seulement 12% des répondants faisaient confiance au ministre de la Santé, Yves Bolduc. Vers 11h30, ils étaient 13% à lui faire confiance.