Le premier ministre Jean Charest croit que Pauline Marois a réussi à obtenir un fort vote de confiance en radicalisant le Parti québécois. «Tant mieux pour elle si elle a un appui de ses troupes. Mais à quel prix? Au prix de se radicaliser», a affirmé le premier ministre à sa sortie d'un discours qu'il venait de tenir devant les membres du Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Mis à jour le 19 avr. 2011
Émilie Bilodeau LA PRESSE

Charest a dénoncé que le PQ ait ramené le débat sur l'affichage en français et qu'il ait voté pour que la loi 101 s'applique aux établissements collégiaux. «C'est un rassemblement de radicaux qui propose un recul important pour le Québec. C'est le retour des chicanes», a-t-il dit.

Il s'est également étonné que le PQ n'aborde pas le thème de l'économie durant son congrès qui réunissait des milliers de délégués en fin de semaine au Palais des congrès de Montréal. «C'est assez remarquable qu'un congrès qui devait donner une vision sur l'avenir du Québec n'aborde si peu l'économie, l'emploi et le développement des régions... Si Pauline Marois est élue, elle dit qu'elle va gouverner comme si elle avait le mandat de faire la séparation et la souveraineté. L'enjeu ne sera pas l'économie. Ça va être la souveraineté», a-t-il déclaré.

Pauline Marois a obtenu un vote de confiance historique de 93,08% samedi, un record pour un chef du PQ.

Le ministre Gignac appuie un conservateur

Clément Gignac, ministre du Développement économique, persiste et signe. Il appuie le candidat conservateur dans Lévis-Bellechasse, Steven Blaney. Pourtant, les deux partis ont des positions opposées notamment sur la décision des conservateurs de subventionner le projet hydroélectrique du Bas-Churchill à Terre-Neuve.

«C'est un bon ami à moi. J'appuie un candidat tout comme les gens de différents partis politiques m'ont appuyé lorsque j'ai été candidat dans mon compté», a déclaré M. Gignac peu de temps avant la conférence du CPQ.

M. Charest a refusé de réprimander son ministre: «M. Gignac a offert son appui personnel à M. Blaney. Chez nous, les gens sont libres d'agir ainsi s'ils veulent offrir leur appui. Ils ne le font ni au nom du gouvernement ni au nom de notre formation politique.»

La survie du chantier Davie est un des enjeux majeurs dans Lévis-Bellechasse. Le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada demandent que les délais pour trouver un nouvel acheteur à la Davie soient allongés. Ainsi, le nouvel acquérant pourrait participer à l'appel d'offres pour le contrat de 35 milliards pour la construction de nouvelles frégates pour l'armée canadienne. Le Nouveau Parti démocratique, lui, a refusé cet après-midi qu'on repousse l'échéancier.

Steven Blaney a été élu aux dernières élections générales, en octobre 2008, avec 45% des voix.