Au lendemain du vote de confiance de Pauline Marois, Gilles Duceppe a salué la victoire de la chef du PQ et l'unité retrouvée des souverainistes. «Avec un Bloc fort à Ottawa, le PQ au pouvoir au Québec, tout redevient possible», a-t-il déclaré devant les militants réunis au congrès du PQ dimanche. La nouvelle a suscité des réactions contrastées du côté des chefs des partis fédéraux.

Mis à jour le 18 avr. 2011
Anabelle Nicoud LA PRESSE

Gilles Duceppe a salué le travail de Pauline Marois, appuyée par 93,08% des délégués péquistes. Avec le résultat très favorable à Pauline Marois, les troupes souverainistes sont en bon ordre pour reconquérir le pouvoir au Québec. «Elle est prête à être la première première ministre du Québec. Ça nous rapproche de la possibilité qu'on se donne un pays, et c'est ce qui compte pour moi», a-t-il dit.

«Mon but c'est de faire du Québec un pays», a-t-il dit. Reste donc au Bloc à briguer un maximum de sièges lors du scrutin du 2 mai prochain. «Un Bloc fort est l'une des conditions, l'autre c'est l'élection du Parti québécois. Après, je ne fais pas de stratégie ouverte, mais on a des conditions essentielles pour un référendum», juge Gilles Duceppe.

Le Bloc veut «affaiblir»le Canada, dit Harper

Le week-end souverainiste du Parti québécois et du Bloc a été accueilli avec tiédeur du côté des partis fédéraux. Stephen Harper accuse Gilles Duceppe de souhaiter un gouvernement minoritaire à Ottawa pour «affaiblir» le Canada.

«Moi, je ne pense pas que c'est dans l'intérêt des Québécois, a dit le chef conservateur. Je pense que c'est dans leur intérêt, comme dans l'intérêt de tous les Canadiens, d'avoir un gouvernement fédéral fort, stable, majoritaire, un gouvernement conservateur avec la pleine participation des Québécois au sein de notre gouvernement.»

Le chef conservateur, qui n'hésite pas à remettre en question la présence du Bloc québécois à Ottawa dans ses discours partisans, a jugé que «la grande majorité» des Québécois et des Canadiens «reconnaissent la nature de ce pays».

Michael Ignatieff refuse quant à lui de dramatiser la situation. «Je suis tout à fait serein devant les choix éventuels, possibles, des électeurs québécois. On a travaillé avec des gouvernements dans le passé qui avaient des convictions souverainistes. On a maintenu l'unité nationale du pays, en toute sérénité, dans un débat démocratique franc et clair», a affirmé le chef du Parti libéral du Canada.

Jack Layton se montre serein. «J'espère que les Québécois et Québécoises vont se trouver dans un pays qui leur donne le respect», a-t-il commenté dimanche.

- Avec Malorie Beauchemin, Paul Journet et Hugo De Grandpré