Un nouveau mouvement québécois de droite reçoit les encouragements de l'une des politiciennes les plus populaires de l'Ouest canadien.

Mis à jour le 15 avr. 2011
Sidhartha Banerjee LA PRESSE CANADIENNE

Danielle Smith, chef du parti albertain Wildrose Alliance, est à Montréal pour prendre part samedi à un rassemblement de Réseau Liberté-Québec.

Ce mouvement de droite est parfois comparé au Tea Party américain.

Mme Smith a dit aimer le fait que Réseau Liberté-Québec tente de s'éloigner du traditionnel débat entre fédéralisme et souverainisme.

«Il est rafraîchissant de voir un groupe de gens qui croit en la nécessité de passer à autre chose en commençant à parler des moyens pour chaque région et chaque province de réaliser son plein potentiel économique», a-t-elle fait valoir à La Presse Canadienne.

Mme Smith a soutenu que l'Alberta avait toujours agi ainsi, en s'attardant à se positionner comme le meilleur endroit pour travailler, élever une famille et attirer des investissements.

Elle a déclaré que l'Alberta et le Québec avaient des valeurs communes, comme l'autonomie provinciale et le besoin d'un gouvernement provincial fort.

«Je veux être en mesure de discuter de certains des moyens par lesquels nous pouvons corriger le système fédéral en misant sur les rôles de gouvernements provinciaux forts et le rôle du Sénat», a-t-elle affirmé.

La chef de la Wildrose Alliance a indiqué qu'elle profiterait de son discours pour défendre les sables bitumineux de l'Alberta qui, dit-elle, font l'objet d'une désinformation dans le reste du Canada.

Mme Smith affirme que les Albertains ne comprennent pas comment les politiciens provinciaux et fédéraux peuvent conspuer les sables bitumineux tout en acceptant les milliards de dollars de retombées que ceux-ci génèrent.

«L'hypocrisie est vraiment à couper le souffle», a déclaré Mme Smith.

«Je ne crois pas que ce type de discours sur les ressources naturelles de l'Alberta serait possible concernant les ressources du Québec. Personne ne parle de réglementer à l'échelle nationale l'industrie hydroélectrique», a-t-elle ajouté.

Le parti Wildrose Alliance détient présentement quatre sièges sur les 83 que compte l'Assemblée législative de l'Alberta, et Mme Smith a soutenu que son parti était prêt pour une percée aux prochaines élections provinciales, qui devraient se tenir en 2012.

Tandis que le Réseau Liberté-Québec n'a pas de visées politiques immédiates, un organisateur affirme que Mme Smith reflète le nouveau type de discours souhaité pour le Québec.

L'ex-adéquiste Éric Duhaime a dit croire que l'Alberta pouvait servir d'inspiration en termes de taxation, de libertés et de la taille de l'État.

«Il est bien de pouvoir comparer et il est intéressant qu'une nouvelle génération d'idées prenne les devants en Alberta et c'est exactement ce que nous souhaitons au Québec», a dit Éric Duhaime, l'un des fondateurs du groupe.

Environ 500 personnes sont attendues en fin de semaine au deuxième rassemblement du mouvement depuis sa fondation.