Le juge à la retraite John Gomery pourrait être intéressé par le poste de directeur général des élections (DGE) du Québec, vacant depuis le départ de Me Marcel Blanchet.

Publié le 28 sept. 2010
Tommy Chouinard LA PRESSE

Au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse, hier, l'ex-président de la Commission d'enquête sur le programme fédéral de commandites a indiqué qu'il prêterait une oreille attentive si le poste lui était offert. «Ça pourrait m'intéresser», a-t-il affirmé.

Ce qui l'attire, «c'est la possibilité d'assainir la situation» en matière de financement politique. «La motivation que j'aurais, c'est essayer de rétablir une certaine confiance dans nos institutions publiques. C'est pénible, ce qui arrive en ce moment», a-t-il souligné. Il serait intéressé, en outre, à mettre en oeuvre la nouvelle loi sur le financement politique, qui fait l'objet de débats à l'Assemblée nationale depuis un an.

John Gomery voit un obstacle à sa candidature: ses 78 ans. La durée du mandat d'un DGE est de sept ans. «C'est long, pour un homme de mon âge», a-t-il reconnu, tout en soulignant qu'il est «en bonne santé». Il pourrait être DGE «une couple d'années» ou, suggère-t-il lui-même, occuper un poste d'adjoint pour «aider» le successeur de Me Blanchet. Celui-ci a annoncé sa démission jeudi dernier. Il quittera ses fonctions le 31 décembre.

Au-dessus de tout soupçon

John Gomery préside le Conseil de presse du Québec depuis le mois de février. Aux élections municipales de l'automne dernier, il a été président d'honneur de la campagne de financement de Projet Montréal, le parti de Richard Bergeron.

Sur son blogue, Jean-François Lisée, ancien conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, a lancé une pétition pour inviter M. Gomery «à se rendre disponible pour le poste de DGE» et appeler les députés «à voter sa nomination».

«Dans ces temps où on nous affuble du titre de «province la plus corrompue du Canada» et où on s'en prend même à notre Bonhomme Carnaval, nous avons besoin comme nouveau DGE d'un homme solide, expérimenté, qui en a vu d'autres, et qui est au-dessus de tout soupçon. Je n'en vois qu'un: John Gomery», écrit M. Lisée.

Le DGE relève de l'Assemblée nationale. Sa nomination doit être approuvée par les deux tiers des députés, à la suite d'une recommandation du premier ministre.