N'en déplaise aux groupes de pression environnementaux, le Québec doit exploiter à plein régime ses ressources naturelles, croit le chef de l'Action démocratique, Gérard Deltell.

Mis à jour le 23 août 2010
Martin Ouellet LA PRESSE CANADIENNE

Le leader adéquiste considère que les lobbies environnementaux en mènent trop large et empêchent le Québec de profiter pleinement de son potentiel gazier, minier et pétrolier.

Aussi légitimes qu'ils soient, les groupes de pression ne doivent pas dicter le programme du gouvernement en matière de développement économique, a insisté lundi M. Deltell, au premier jour d'un caucus de 48 heures des quatre députés adéquistes à Bécancour.

«Il y a des gens qui s'objectent et c'est très respectable mais il ne faut pas qu'un lobby freine l'élan qui doit être fait», a-t-il souligné en entrevue à La Presse Canadienne.

Pour les mois à venir à l'Assemblée nationale, le chef de l'Action démocratique a dit vouloir faire de la «création de richesse» l'un de ses principaux chevaux de bataille.

En outre, il a dit trouver «honteux» que le Québec soit le plus gros bénéficiaire du programme de péréquation au Canada.

Les milliards de dollars versés par les autres provinces au Québec sont ni plus ni moins qu'une forme «d'aide sociale», a-t-il décrié.

«Quand je vois que l'on dort sur nos ressources naturelles, je me dis qu'il faut agir. C'est honteux de savoir que c'est nous qui recevons 60% de la péréquation (au Canada). Je suis trop fier d'être Québécois pour laisser cette situation perdurer», a fait valoir le député de Chauveau.

Pour s'extirper du cycle de la dépendance économique, le Québec a tout intérêt, selon lui, à saisir l'occasion que représente l'extraction de l'uranium, du gaz de schiste et du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent.

Dans le cas du gaz de schiste, comme dans celui de l'uranium, «le développement peut et doit se faire» malgré les hauts cris de certains lobbies, a mentionné le chef de l'Action démocratique.

À cet égard, le gouvernement du Québec a un rôle crucial à jouer pour «mieux» informer la population «sur les forces et les faiblesses» des différents projets, a poursuivi M. Deltell.

Même si elle parle davantage de création de richesse, l'Action démocratique ne renonce pas pour autant à exiger du gouvernement qu'il comprime les dépenses de l'État.

Il faut revoir chacun des postes budgétaires et sabrer dans les dépenses publiques, a-t-il plaidé.

«Le gouvernement n'a pas eu le courage de le faire mais heureusement, nous ne sommes plus les seuls à le dire. Les experts du gouvernement ont conclu en février qu'il y avait des dédoublements dans les agences de la santé et le ministère de la Santé pour 600 millions $. Il y a de l'argent qui se perd», a-t-il déclaré.