Une autre manifestation visant le récent budget provincial a eu lieu, dimanche, à Québec, devant l'Assemblée nationale.

LA PRESSE CANADIENNE

Ils auraient été près de 50 000 protestataires selon les organisateurs, qui ont qualifié l'événement de manifestation citoyenne. Ils se sont dirigés vers le parlement vers 13 h pour montrer leur mécontentement face au budget du ministre des Finances Raymond Bachand.

Les organisateurs ont dit représenter la «majorité silencieuse» qui n'en peut plus, selon eux, d'être «étranglée» par les taxes de toutes sortes.

Les manifestants étaient vêtus de rouge et certains étaient munis de balais et de vadrouilles pour montrer au gouvernement qu'un ménage s'impose dans les finances publiques.

Des marcheurs comptaient aussi, en guise de symbole, laisser leur chemise sur le parterre de l'Assemblée nationale.

Même si la manifestation se voulait non-partisane, le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a souligné qu'il était bon pour la démocratie que de tels messages soient lancés afin de sensibiliser les politiciens.

«Je pense que c'est très sain pour la démocratie que les citoyens s'expriment comme cela. Et qu'ils viennent dire aux élus et à tous ceux qui gèrent des fonds publics: faites attention un peu.»

La vice-première ministre du Québec et ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, a expliqué pour sa part que le budget avait été élaboré dans un contexte de restriction.

«Nous avons un déficit de 12 milliards de dollars à combler. Le gouvernement s'est imposé la partie la plus importante de l'effort qui sera fait.»

Selon l'organisateur de la manifestation, Martin Danjou, les libéraux sacrifient les acquis sociaux du Québec.

«Si Jean Charest et tous les politiciens, toutes couleurs confondues, ne réagissent pas à cela, c'est parce qu'ils se foutent royalement de nous autres.»

Les organisateurs, qui ne se sont pas identifiés publiquement, avaient utilisé certaines stations de radio privées et des réseaux sociaux comme Facebook pour mobiliser la population. L'idée d'une grève générale aurait même été évoquée, selon Radio-Canada.

Une récente manifestation similaire, à Montréal, a rassemblé près de 15 000 personnes. 

 

La réponse de Charest

L'imposante manifestation qui dénonce le budget du gouvernement de Jean Charest n'inquiète pas le principal intéressé, qui va jusqu'à prédire qu'on parlera du document encore «longtemps».

De passage à Biloxi, au Mississippi, où il participe à la conférence annuelle de l'Alliance des États du sud-est des États-Unis et des provinces canadiennes (SEUS-CP), M. Charest a soutenu qu'il aurait bien aimé déposer «un budget qui serait plus facile à livrer», mais qu'il s'agissait d'une mission «impossible» dans le contexte financier actuel.

«Le gouvernement savait que le budget allait être un budget difficile, a-t-il déclaré lors d'un point de presse, dimanche soir. (...) Il faut que la génération actuelle de Québécois puisse faire face à ses responsabilités.»

Et même si l'opposition au budget présenté par le ministre des Finances, Raymond Bachand, demeure très vive dans l'électorat, Jean Charest dit n'avoir aucunement l'intention de modifier les mesures annoncées ou d'accentuer sa campagne de relations publiques.

Le premier ministre a une fois de plus martelé que le budget allait «marquer le Québec pour les bonnes raisons», avant de lancer une flèche à la chef de l'opposition officielle, la péquiste Pauline Marois.

«C'est un budget qui dans cinq, dix et quinze ans d'ici, va tenir la route, contrairement à ce qu'on a vu de Pauline Marois dans les années 1990 (alors qu'elle avait) esquivé ses responsabilités (comme ministre) et pris des décisions qui ont causé des dommages terribles aux systèmes de santé et d'éducation», a-t-il accusé, reprenant un de ses refrains favoris.