Après le ministre de la Sécurité publique Vic Toews, c'est au tour du député néo-démocrate Thomas Mulcair, meneur dans la course à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD), de faire les frais d'attaques anonymes sur Twitter.

Mis à jour le 1er mars 2012
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Le compte TheTrueMulcair est apparu hier sur le réseau social le jour même où Thomas Mulcair a annoncé à Toronto qu'il avait obtenu l'appui d'un 41e député au sein du caucus du NPD, Robert Chisholm, qui a abandonné la course après le premier débat en raison de ses lacunes en français.

Les auteurs de ce compte, qui tiennent à demeurer anonymes, accusent dans une série de tweets M. Mulcair d'être pro-Israël, d'être pour l'exportation d'eau douce, de s'opposer à la nationalisation de l'énergie éolienne au Québec et d'avoir appuyé une hausse des droits de scolarité dans la province.

Accusations

Ils accusent aussi le député d'Outremont de défendre les sables bitumeux de l'Alberta, d'avoir coupé les vivres aux groupes environnementaux en 2006 lorsqu'il était ministre de l'Environnement dans le gouvernement libéral de Jean Charest et d'avoir déclaré la guerre au syndicat des chauffeurs d'autobus de Laval en exagérant leurs salaires en 2005. «Nous demeurons anonymes parce que nous voulons que vous vous concentriez sur le contenu des attaques et non pas sur le messager», affirme-t-on sur le compte en réponse à une critique du blogueur Shawn Katz, de Toronto.

Ce compte a vu le jour au moment où les quelque 128 000 membres du parti peuvent commencer à voter par la poste pour le prochain chef, qui sera élu le 24 mars à Toronto. Les militants peuvent voter de trois façons: par la poste, par l'internet ou encore sur place à Toronto, pendant le congrès.

Le directeur de la campagne de Thomas Mulcair, Raoul Gebert, a refusé de commenter cette nouvelle offensive contre le député d'Outremont.

«Dès le début, nous avons décidé de mener une campagne résolument positive. Par conséquent, nous ne commentons pas des tactiques négatives des autres camps», a dit M. Gebert dans un courriel envoyé à La Presse. Un autre compte Twitter, kNOw Mulcair, a aussi vu le jour récemment, tout comme un site web du même nom. Les deux sont alimentés par des «progressistes néo-démocrates» qui s'opposent visiblement à l'élection de Thomas Mulcair comme chef du NPD. Leurs auteurs désirent eux aussi conserver l'anonymat.

«Le choix de notre prochain chef est important et des questions importantes doivent être posées», affirme-t-on sur le compte kNOw Mulcair.

Double citoyenneté

Au cours des dernières semaines, M. Mulcair a été la cible de plusieurs attaques. Il a été rapporté qu'il avait la double citoyenneté - canadienne et française - et on l'a aussi accusé de ne pas contribuer généreusement à la caisse du NPD.

En tout, sept candidats briguent la direction du NPD. Outre M. Mulcair, les autres candidats sont les députés Paul Dewar, Peggy Nash, Niki Ashton et Nathan Cullen, de même que l'ancien président du NPD Brian Topp et l'homme d'affaires de la Nouvelle-Écosse Martin Singh.

Les stratèges des partis politiques utilisent de plus en plus les réseaux sociaux comme Twitter pour attaquer leurs adversaires. Récemment, le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a vu les détails de son divorce être diffusés sur le compte Vikileaks après qu'il eut déposé un projet de loi controversé visant à donner de nouveaux pouvoirs aux policiers pour mettre la main au collet des cyberprédateurs.

Il a été révélé lundi que l'auteur de ce compte était un employé du Parti libéral, Adam Carroll. Le chef intérimaire du PLC, Bob Rae, a présenté ses excuses au ministre Toews aux Communes. L'affaire sera étudiée par un comité parlementaire au cours des prochains jours.